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22/04/2015 09:13 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

GB/migrants : des housses mortuaires sur une plage contre les "naufrages de la honte"

Des housses mortuaires ont été symboliquement alignées mercredi sur une plage de Brighton, dans le sud de l'Angleterre, par des militants d'Amnesty International qui protestaient contre la réponse "honteuse" du Royaume-Uni à la mort de nombreux migrants en Méditerranée.

Des dizaines de militants de l'organisation de défense des droits de l'Homme ayant son siège à Londres ont disposé deux cents sacs noirs servant à recueillir les dépouilles de victimes sur la célèbre plage de galets de Brighton, au moment où Amnesty présentait à Paris un rapport dénonçant "les naufrages de la honte".

Une vingtaine de militants se sont enfermés dans les sacs à côté d'une bannière portant le mot-dièse #NeLesLaissezPasSeNoyer (#DontLetThemDrown).

Selon l'Organisation internationale des Migrations (OIM), 1.750 migrants ont péri en Méditerranée depuis le début de l'année, soit plus de 30 fois plus que sur la même période l'an dernier.

"Jusqu'à maintenant, la réponse du gouvernement britannique a été honteuse, mais il a enfin réalisé la nécessité d'agir", a déclaré la directrice d'Amnesty pour le Royaume-Uni, Kate Allen.

"Les gouvernements de l'Union européenne doivent d'urgence transformer leurs paroles en actes afin d'empêcher plus de gens de se noyer en se rendant en Europe", a-t-elle ajouté à la veille d'un sommet européen extraordinaire à Bruxelles.

Le Premier ministre David Cameron, qui participera à ce sommet des dirigeants européens, a déclaré mardi vouloir "mettre fin à ces cargaisons de la mort".

L'Union européenne a déjà adopté lundi un plan d'action qui prévoit notamment le doublement des moyens de la mission de surveillance maritime Triton, qui a pris fin 2014 le relais de l'opération italienne "Mare Nostrum".

Cela permettra à la mission Triton, initialement pensée comme une opération de contrôle, de patrouiller dans une zone plus large et de participer aux secours.

Dans son rapport publié mercredi, Amnesty International dénonce une fois encore les conséquences dramatiques de la fin de Mare Nostrum.

L'opération italienne de sauvetage des migrants déclenchée en 2013 à la suite des tragédies autour de l'île de Lampedusa a été abandonnée en octobre 2014, après le refus de membres de l'UE de participer à son coût opérationnel.

Elle avait permis de secourir 150.000 personnes en un an.

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