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22/04/2015 12:06 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

GB: liberté sous caution pour le courtier soupçonné d'avoir entraîné le mini krach de Wall Street en 2010

La justice britannique a accordé mercredi la liberté sous caution au courtier britannique accusé par les États-Unis d'être en partie responsable du mini krach boursier de mai 2010, en attendent une nouvelle audience cet été sur sa possible extradition outre-Atlantique.

Arrêté mardi à Hounslow, dans l'ouest de Londres, Navinder Singh Sarao, 36 ans, aurait empoché 40 millions de dollars grâce à des manipulations frauduleuses depuis le modeste pavillon de banlieue où il vit avec ses parents.

Lors d'une courte audition préliminaire mercredi par le tribunal londonien de Westminster, M. Sarao a simplement confirmé son état civil et répondu "non" au juge qui lui demandait s'il consentait à être extradé.

Vêtu d'un pantalon de survêtement et d'un sweatshirt jaune canari, le prévenu s'est montré impassible tandis que son avocat, Joel Smith, a affirmé que l'affaire lui était tombée dessus comme "un coup de tonnerre".

Après une interruption de séance, le juge a accepté de libérer M. Sarao dès qu'il aura pu réunir une caution de 5 millions de livres (6,9 millions d'euros), plus une somme de 50.000 livres fournie par ses parents.

Le jeune homme devra porter un bracelet électronique, remettre son passeport à la justice et pointer au commissariat trois fois par semaine. Il n'a en outre pas le droit d'utiliser internet et devra dormir à son domicile.

Une prochaine audience aura lieu le 26 mai avant un examen du dossier sur le fond les 18 et 19 août.

M. Sarao est visé aux États-Unis par une vingtaine de chefs d'accusation, dont celui de fraude électronique et manipulation de contrats à terme sur le Chicago Mercantile Exchange (CME) et de "spoofing", une technique de manipulation boursière qui consiste à prétendre vouloir acheter ou vendre un titre dans l'intention d'annuler cette opération au dernier moment. Chacune de ces accusations est susceptible de l'envoyer en prison pour 10 à 25 ans.

Sa société, Nav Sarao Futures Limited, est enregistrée à une adresse à Hounslow, qui se trouve être la maison où il vit avec ses parents.

Interrogé par le quotidien britannique The Times, le père de Navinder Singh Sarao a dit tout ignorer des accusations portées contre son fils.

"Tout ça est nouveau pour moi. Ce que vous me dites est une surprise pour moi", a déclaré Nachhattar Singh Sarao. "Je n'y connais rien aux ordinateurs", a-t-il ajouté.

Usant d'un logiciel, Navinder Singh Sarao est soupçonné d'avoir employé une stratégie dite de "superposition" en plaçant simultanément de multiples ordres de grande ampleur à différents prix, créant l'illusion d'un marché très actif et bien réel.

"Activités suspectes"

D'après le département de la justice américain (DoJ), les autorités boursières américaines et européennes avaient relevé plusieurs fois en 2009 et 2010 les "activités suspectes" de M. Sarao, faisant part de leurs inquiétudes à la maison de courtage qu'il utilisait.

En mars 2010, après que le CME s'est plaint auprès de cette maison de courtage d'un grand nombre d'ordres annulés par M. Sarao, ce dernier s'est défendu de tout comportement illégal, disant avoir voulu montrer à un ami comme agissaient les courtiers à haute fréquence, selon les extraits de ce message électronique publiés par le DoJ.

Dans un autre courriel envoyé par M. Sarao à sa maison de courtage le 25 mai 2010, il indique avoir appelé le CME et leur avoir dit "d'aller se faire foutre".

Dans plusieurs de ses échanges avec sa maison de courtage et/ou les régulateurs, M. Sarao nie l'utilisation d'algorithmes pour placer ses ordres de vente et d'achat, se décrivant comme un "courtier à l'ancienne", capable d'opérer "extrêmement rapidement" manuellement.

Selon la CFTC, l'autorité américaine des produits dérivés, M. Sarao a été "très actif" sur le marché lors de la séance du "Flash crash", le 6 mai 2010.

Ce jour-là, dans un contexte de forte volatilité alors que déjà des inquiétudes pesaient sur la dette grecque, l'indice Dow Jones s'était écroulé de 600 points en quelques minutes après une chute des prix des E-minis.

Ces contrats à terme électroniques sont basés sur l'indice Standard and Poors 500. Un rapport à l'époque du gendarme boursier américain, la SEC, avait mentionné que 140.000 ordres de ventes d'E-minis s'étaient bousculés au même instant conduisant par ricochet à un décrochage brutal de Wall Street.

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