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22/04/2015 13:42 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

GB : des Malaisiens continuent de réclamer justice pour le massacre de villageois en 1948

Les familles d'ouvriers malaisiens d'une plantation de caoutchouc tués par les troupes britanniques en 1948 poursuivaient leur quête de justice mercredi, devant la Cour suprême du Royaume-Uni.

Les cinq juges suprêmes doivent décider si une enquête doit être ouverte, un an après le rejet en appel de la demande de ces familles d'une enquête officielle et complète sur ce massacre intervenu quand la Malaisie était une colonie britannique.

Les auditions doivent se poursuivre jeudi.

Le 12 décembre 1948, les soldats britanniques avaient encerclé la plantation de Sungai Rimoh à Batang Kali, en Malaisie, et tué 24 employés avant de mettre le feu au village. Ce drame avait eu lieu pendant la période dite d'"état d'urgence", quand les troupes britanniques combattaient l'insurrection communiste.

Une enquête de police avait été ouverte par un gouvernement travailliste dans les années 60, puis abandonnée dans les années 70, lorsque les conservateurs étaient au pouvoir, faute de preuves suffisantes.

Un argument rejeté par les familles des victimes, arguant du fait que, selon elles, des soldats ont reconnu avoir agi en dehors de la loi.

"Quand six (des soldats) ont confessé des meurtres, quand des témoins sont encore vivants et quand les examens légaux peuvent confirmer des exécutions à bout portant, la justice devrait demander des explications à l'Etat", ont déclaré leurs avocats.

Ces derniers comptent aussi faire valoir que le Royaume-Uni a le devoir d'ouvrir une enquête indépendante dans le cadre de la Convention européenne des droits de l'Homme, même si elle a été signée après ces événements.

"J'ai voyagé jusqu'ici pour raconter à la juridiction la plus élevée du Royaume-Uni le combat et les épreuves endurés par ma mère bien-aimée après la mort de mon père pendant ce massacre", a expliqué dans un communiqué Lim Ah Yin, âgée de 11 ans à l'époque. "J'ai 78 ans aujourd'hui et je suis déterminée à ce que justice soit enfin faite."

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