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22/04/2015 16:15 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

France: arrestation d'un Algérien soupçonné de préparer un attentat contre une église et d'assassinat

Un Algérien, soupçonné de préparer un attentat contre une église et d'avoir assassiné une femme, a été arrêté à Paris et des documents en lien avec l'EI et Al-Qaïda ont été saisis, ont révélé mercredi les autorités françaises, en soulignant la persistance d'une menace "inédite".

"En janvier, c'est la liberté d'expression, les forces de l'ordre, les Français juifs qui ont été visés. Cette fois-ci sans doute c'était les chrétiens, les catholiques de France qui étaient visés, pour la première fois", a fait valoir le Premier ministre Manuel Valls, en référence aux attentats jihadistes qui ont fait 17 morts à Paris entre le 7 et le 9 janvier.

Sid Ahmed Ghlam, 24 ans, étudiant en électronique arrêté dimanche, était "en contact" avec une personne pouvant se trouver en Syrie "qui lui demandait explicitement de cibler particulièrement une église", a précisé le procureur chargé de l'enquête, François Molins.

La femme assassinée est une "nouvelle victime du terrorisme et première victime depuis les attentats de janvier" et cet Algérien est soupçonné "d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste", a-t-il ajouté.

Le jeune Algérien avait auparavant été surveillé par les services de renseignement français qui suspectaient des "velléités de départ en Syrie" afin d'y rejoindre les rangs jihadistes, selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

- Arrestation rocambolesque -

Dans sa chambre d'étudiant et dans son véhicule, les enquêteurs ont découvert quatre fusils d'assaut kalachnikov, des pistolets, des gilets pare-balles, des brassards et des chasubles marqués "Police", des documents en arabe faisant référence à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique (EI), ainsi que des notes manuscrites prouvant qu'il avait fait des reconnaissances pour commettre un attentat, a précisé le procureur.

"Cet attentat a été évité dimanche matin", a déclaré le ministre de l'Intérieur, qui a estimé que la France "fait face à une menace terroriste inédite, par sa nature et par son ampleur".

"Un acte terroriste a été déjoué. Ce n'est pas le premier, il y en a eu d'autres dans ces dernières semaines et ces derniers mois", a réagi le président français François Hollande.

Les évêques de France ont toutefois appelé mercredi soir "à l'apaisement". "Les menaces terroristes, quelle qu'en soit la teneur, ont pour objectif de semer la peur, les catholiques n'y céderont pas", ont-ils écrit dans un communiqué.

L'arrestation de l'Algérien s'est faite dans des circonstances rocambolesques: selon le procureur, les services médicaux d'urgence ont été appelés dans l'est parisien dimanche peu après 08H00 locales (06H00 GMT), par l'homme lui-même, blessé à une cuisse.

Sid Ahmed Ghlam a d'abord évoqué un règlement de comptes, avant d'assurer s'être blessé alors qu'il tentait de jeter son arsenal dans la Seine. Puis il a multiplié des déclarations "fantaisistes", selon le magistrat, avant de s'enfermer dans le mutisme.

Plusieurs perquisitions et interpellations ont été réalisées dans son entourage et sa famille, selon des sources policières.

Mercredi matin, les forces de l'ordre ont arrêté à Saint-Dizier, dans l'est de la France, une femme vêtue d'une burqa, selon un correspondant de l'AFP. Agée de 25 ans, elle est de son entourage très proche et vraisemblablement convertie à l'islam, selon une source proche de l'enquête.

- Deux édifices religieux en ligne de mire -

Les premières analyses balistiques, génétiques et de géolocalisation téléphonique mettent le suspect en cause dans le meurtre d'une jeune femme de 32 ans, Aurélie Châtelain, tuée d'une balle et dont le corps a été retrouvé dimanche à Villejuif près de Paris. C'est là qu'une église était visée, selon les enquêteurs, parlant de deux édifices catholiques repérés par le suspect.

La victime a été trouvée morte dans une voiture, sur le siège passager et l'ADN de l'Algérien a été retrouvé dans cette voiture et du sang de la victime sur un vêtement du suspect. La balle ayant tué la jeune femme venait d'une arme appartenant à l'étudiant algérien.

La mort d'Aurélie Châtelain, venue du nord de la France en banlieue parisienne pour y suivre un stage de gymnastique, avait plongé ses proches dans la stupeur.

Depuis les attaques de janvier, les autorités françaises ont maintes fois rappelé que le pays restait sous la menace de nouveaux attentats. Un plan de vigilance antiterroriste est toujours actif dans les lieux publics, transports, devant les lieux de culte, notamment israélites et musulmans, et les sièges des médias parisiens.

L'annonce de cet attentat déjoué intervient en plein débat parlementaire sur un projet de loi destiné à renforcer les pouvoirs des services français de renseignement, jugé liberticide par ses opposants. Ces services avaient été critiqués pour leur défaut de surveillance autour des trois jihadistes français auteurs des attaques en janvier (17 morts) et tués par les forces de l'ordre, car ils étaient déjà connus des autorités.

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