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22/04/2015 17:04 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Felipe Gonzalez au Venezuela mi-mai pour défendre des opposants

L'ancien chef du gouvernement espagnol Felipe Gonzalez a annoncé mercredi qu'il se rendrait "mi-mai" au Venezuela pour défendre les opposants Leopoldo Lopez et Antonio Ledezma, actuellement emprisonnés, malgré la décision du Parlement de le déclarer persona non grata.

Cette visite se produira "mi-mai. Je me coordonne avec la défense (des deux opposants, ndlr), je veux avoir l'opportunité de voir les détenus en prison et d'assister au procès", a assuré l'ex-président du gouvernement socialiste au micro d'une radio locale.

Ses déclarations surviennent dans le cadre de tensions croissantes entre le Venezuela et l'Espagne, qui a rappelé mercredi son ambassadeur à Caracas après des accusations du président Nicolas Maduro envers Madrid, qu'il soupçonne de "terrorisme" et de soutenir "un complot" contre le Venezuela.

Elles se produisent aussi au lendemain de la décision du Parlement vénézuélien de déclarer Felipe Gonzalez persona non grata, quelques semaines après l'annonce qu'il assurerait la défense de MM. Lopez et Ledezma.

Felipe Gonzalez, qui avait été chef du gouvernement espagnol entre 1982 et 1996, a estimé que cette décision n'avait pas de valeur juridique et qu'elle relevait de la compétence seule du gouvernement vénézuélien.

Assurant ne pas vouloir "forcer une situation de crise" ni commettre une "ingérence", il a toutefois prévenu qu'il saisirait "les instances internationales" si on l'empêchait de se rendre au Venezuela.

Nicolas Maduro, qui avait accusé mi-mars Felipe Gonzalez de "soutenir" un "coup d'Etat" au Venezuela, s'en est pris mardi au chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui selon lui appartient à "un groupe de corrompus, de bandits et de voleurs".

"Les qualificatifs utilisés par les autorités, jamais par le peuple vénézuélien, sont absolument intolérables", a réagi mercredi le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, en annonçant le rappel de l'ambassadeur espagnol à Caracas.

Le gouvernement vénézuélien est particulièrement irrité par l'appui affiché en Espagne aux opposants emprisonnés Antonio Ledezma, maire de Caracas, et Leopoldo Lopez, dirigeant du parti Voluntad popular.

M. Lopez est accusé d'incitation à la violence lors des manifestations étudiantes contre le gouvernement qui avaient fait 43 morts entre février et mai 2014, selon le bilan officiel.

M. Ledezma est lui accusé de "complot". Il est incarcéré depuis février 2015 après avoir été brutalement interpellé par plusieurs dizaines d'agents des services secrets.

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