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22/04/2015 06:23 EDT | Actualisé 22/04/2015 06:23 EDT

Complot contre des églises: un homme arrêté en France

Getty Images

Un Franco-Algérien de 24 ans, accusé d'avoir projeté un attentat "imminent" contre "une ou deux églises", a été arrêté dimanche à Paris, ont révélé mercredi les autorités, en soulignant la persistance de la menace terroriste plus de trois mois après les attentats en France.

Cet étudiant en informatique était connu des services français de renseignement pour ses "velléités de départ en Syrie" afin d'y rejoindre les rangs jihadistes, a déclaré à la presse le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Selon un récent rapport du Sénat, les Français, au nombre de 1 500 au total, constituent près de la moitié des jihadistes européens en Syrie et en Irak.

La police a découvert dans son véhicule et à son domicile dans le sud de Paris un "arsenal composé notamment de plusieurs armes de guerre, d'armes de poing, de munitions, de gilets pare-balle et de matériel informatique et de téléphonie", selon Bernard Cazeneuve.

"Une documentation fournie a également été découverte établissant sans ambiguïté que l'individu projetait la commission imminente d'un attentat vraisemblablement contre une ou deux églises. Dimanche matin, cet attentat a été évité", a-t-il ajouté. L'homme a été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête dirigée par des juges antiterroristes.

L'arrestation s'est faite dans des circonstances rocambolesques, un peu par hasard : peu après 06H00 GMT dimanche, l'homme appelle la police, se disant blessé. Secouru dans l'est de Paris, il a en effet reçu une balle dans une jambe, et évoque alors, confusément, un règlement de comptes.

Les enquêteurs, qui n'excluent pas qu'il se soit blessé lui-même, remontent les traces de sang et arrivent à son véhicule, où ils découvrent une partie de son arsenal.

Plusieurs perquisitions et interpellations ont depuis été réalisées dans son entourage et sa famille, dont certains membres sont acquis à la cause de l'islam radical, selon des sources policières. Mercredi matin, les forces de l'ordre ont arrêté dans l'est de la France une femme habillée d'une burqa, selon un correspondant de l'AFP.

Meurtre mystérieux d'une jeune femme

Ce Franco-Algérien est par ailleurs soupçonné d'être impliqué dans le meurtre par balles d'une jeune femme de 32 ans, retrouvée morte dans une voiture dimanche à Villejuif, dans la banlieue est parisienne, a ajouté M. Cazeneuve. L'ADN du jeune homme a en effet été retrouvé dans la voiture et c'est dans cette même ville qu'une ou deux églises étaient visées, selon une source policière.

Le meurtre d'Aurélie Châtelain, une femme sans histoires du nord de la France venue dans la banlieue sud de Paris pour y suivre un stage de gymnastique, avait plongé ses proches dans la stupeur et restait mystérieux pour les enquêteurs. Son corps, marqué de trois impacts de balles, avait été retrouvé dans sa voiture en flammes au petit matin.

"L'enquête déterminera les raisons du crime commis contre cette jeune femme", a indiqué le ministre.

Il s'agit de la première annonce publique d'un projet d'attentat imminent déjoué depuis la série d'attaques jihadistes à Paris et en banlieue entre le 7 et le 9 janvier, contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, une policière municipale et un supermarché casher, qui ont fait 17 morts. Les trois tueurs, les frères Saïd et Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly, ont été tués par les forces de l'ordre.

Le président François Hollande et son gouvernement ont maintes fois indiqué depuis que le pays restait sous la menace de nouveaux attentats et un plan de vigilance antiterroriste est toujours actif dans les lieux publics, les transports, et devant les lieux de culte et les sièges des médias parisiens.

L'annonce du ministre de l'Intérieur intervient en plein débat des députés sur un projet de loi destiné à renforcer les pouvoirs des services français de renseignement, jugé liberticide par ses opposants. Les services de renseignement avaient été critiqués pour leur défaut de surveillance autour des trois jihadistes auteurs des attaques en janvier, car ils étaient déjà connus des autorités.

"Notre pays, comme d'autres pays européens, fait face à une menace terroriste inédite, par sa nature et par son ampleur", a rappelé mercredi Bernard Cazeneuve.

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