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22/04/2015 00:45 EDT | Actualisé 21/06/2015 01:12 EDT

Climat: Obama dans les Everglades pour dire l'urgence d'agir

Barack Obama se rend mercredi dans le parc national des Everglades, vaste réserve naturelle à l'équilibre fragile située à la pointe sud de la Floride, pour dire l'urgence d'agir face au changement climatique, "plus grande menace" qui pèse sur la planète.

A moins de huit mois de la conférence de Paris visant à conclure un accord pour limiter à 2°C la hausse du thermomètre mondial, le président américain veut marquer la Journée mondiale de la Terre, mais aussi envoyer un message à ceux qui "nient" ou "ignorent" le réchauffement en cours.

D'une superficie d'environ 600.000 hectares, le parc des Everglades, dont les marécages sont peuplés de nombreux crocodiles et alligators, est aussi le lieu de nidification pour nombre d'oiseaux d'eau en Amérique du Nord et un important couloir de migration.

Dans cette partie du pays, "la montée du niveau des mers met en péril un trésor national et le moteur économique de l'industrie du tourisme", a souligné le président américain en annonçant sa visite, rappelant que 2014 avait été l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des relevés de températures en 1880.

Enumérant les impacts du changement climatique sur la sécurité nationale, l'économie, ou encore la santé publique, Josh Earnest, porte-parole de M. Obama, a souligné que le président entendait profiter de ce déplacement pour donner une "impulsion" aux discussions sur le sujet.

Sur le plan international, l'objectif est d'"utiliser notre influence pour pousser d'autres pays à s'engager eux aussi à réduire leurs émissions de CO2, comme nous l'avons fait avec succès avec la Chine", a-t-il expliqué.

En arrachant, mi-novembre, un accord inédit avec Pékin, en vertu duquel les deux premiers émetteurs de gaz à effet de serre de la planète annonçaient leurs engagements chiffrés au même moment, M. Obama s'est, de facto, placé dans un rôle de leader à l'approche du rendez-vous de Paris.

La conférence de décembre n'est pas, sur le papier, un sommet de chefs d'Etat. Mais si un accord est en vue, les principaux dirigeants de la planète pourraient bien se retrouver dans la capitale française. Accrocher son nom sur un texte ambitieux serait incontestablement une victoire pour M. Obama, un an avant son départ de la Maison Blanche et six ans après le douloureux revers du sommet de Copenhague.

- Quelle politique post-2016 ? -

Si la résonance de l'accord avec Pékin - qui fut une surprise - a incontestablement donné un coup d'accélérateur aux négociations sous l'égide de l'ONU, les engagements américains restent cependant largement en-deçà de ceux mis sur la table par l'Union européenne (baisse de 40% des émissions d'ici 2030 par rapport à 1990).

"Il est clair que les Etats-Unis ont un grand retard à rattraper dans la lutte contre le changement climatique", souligne Jennifer Morgan, responsable du climat au sein du World Resources Institute (WRI).

"L'UE s'est incontestablement engagée dans cette voie depuis plus longtemps, mais les Etats-Unis sont au moins désormais présents sur la scène internationale avec un pan crédible qui amorce le virage vers une économie faible en carbone", ajoute-t-elle, jugeant que l'administration Obama est "la première à véritablement s'attaquer au problème et à utiliser tous les outils à sa disposition".

Des interrogations demeurent cependant: les Etats-Unis, où nombre d'élus républicains sont vent debout contre toute intervention fédérale sur ce sujet, tiendront-ils leurs promesses ? La Maison Blanche assure que les chiffres avancées peuvent être tenus sans le vote de nouvelles lois au Congrès.

Or la présidentielle de 2016 approche. Et si un républicain succède à Barack Obama, ne sera-t-il pas tenté de détricoter les mesures mises en place au fil des ans par voie règlementaire ?

Interrogé il y a quelques semaines sur le rapport de forces sur le sujet, M. Obama avait vivement dénoncé l'attitude de ses adversaires politiques: "Il n'y a pas deux partis qui sont en désaccord et qui créent un blocage, il y a un parti qui nie les faits", avait-il lancé, mettant en avant la puissance financière du lobby des énergies fossiles pour expliquer la position de certains élus républicains du Congrès.

Mais le président américain avait aussi prédit un changement dans les années à venir: "Je vous garantis que le parti républicain devra changer d'approche sur le changement climatique. Les électeurs le réclameront".

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