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22/04/2015 08:16 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Chine-Japon: nouvelle rencontre au sommet en vue d'apaiser les tensions

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et le président chinois, Xi Jinping, se sont rencontrés mercredi pour la deuxième fois depuis leur prise de fonction, en vue d'améliorer la relation bilatérale ternie par des disputes territoriales et le passé impéraliste du Japon.

Xi Jinping et Shinzo Abe se sont entretenus pendant une trentaine de minutes en marge du sommet Asie-Afrique dans la capitale indonésienne Jakarta, a déclaré à l'AFP un responsable japonais, sous couvert d'anonymat.

Après s'être serré la main avant leurs entretiens, les deux dirigeants semblaient plus détendus que lors de leur première rencontre en novembre dernier en Chine, où ils avaient échangé une difficile poignée de main.

"C'était une rencontre au sommet très significative", a déclaré M. Abe, cité par l'agence japonaise Jiji. "En poursuivant les échanges entre le Japon et la Chine, je veux m'assurer de la tendance à l'amélioration des relations entre la Chine et le Japon", a-t-il ajouté.

Les relations historiquement glaciales entre les deux pays ont atteint leur plus bas niveau depuis des décennies en raison de leur divergences concernant la revendication d'îles contrôlées par le Japon en mer de Chine méridionale, et le passé impérialiste du Japon qui, aux yeux de Pékin, n'a toujours pas manifesté de repentance "sincère" pour les crimes commis dans la région.

Peu avant la rencontre entre les deux hommes, M. Abe, parfois dépeint comme un faucon nationaliste, a causé une nouvelle irritation dans la région en s'abstenant de présenter les excuses du Japon pour les agressions perpétrées par son pays lors de la Deuxième guerre mondiale, dans un discours prononcé devant les dirigeants réunis au sommet Asie-Afrique.

- 'Profonds remords' -

Le Premier ministre japonais a exprimé de "profonds remords", mais sans présenter de "sincères excuses" ou effectuer une référence au "passé colonial et à l'agression" exercée par le Japon sur les pays voisins, comme l'avait fait en 1995 l'un de ses prédécesseurs, Tomiichi Murayama.

Le discours prononcé à l'ouverture du sommet Asie-Afrique par M. Abe était suivi de près en vue de la déclaration qu'il devrait faire à l'occasion du 70e anniversaire de la fin de la Deuxième guerre mondiale dans quelques semaines.

Des observateurs attendent de voir si M. Abe va faire une référence directe au passé impérialiste du Japon et exprimer des "remords", ainsi que des excuses, comme l'avaient fait de précédents Premiers ministres lors des 50e et 60e anniversaire de la fin de la Deuxième guerre mondiale.

M. Abe a récemment laissé entendre, dans une interview télévisée, qu'étant d'accord avec les précédentes excuses du Japon quant à son rôle pendant cette guerre, il ne voyait pas la nécessité de les "ré-écrire".

Son discours à Jakarta risque à nouveau d'attiser les tensions dans la région, après que le Premier ministre a offert mardi un arbre sacré au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, provoquant une nouvelle fois l'ire de la Chine et de la Corée du Sud pour lesquelles ce lieu de culte est un symbole du passé militariste du Japon.

Et mercredi, plus de 100 parlementaires japonais se sont rendus à ce sanctuaire, à l'occasion du festival de Printemps, à l'approche du 70e anniversaire de la défaite du Japon à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. La Corée du Sud a exprimé mercredi sa "profonde déception et ses regrets".

Selon des journalistes de l'AFP sur place, ce pèlerinage s'est déroulé de bon matin sous le soleil dans ce site shintoïste qui rend hommage aux âmes de quelque 2,5 millions de morts pour la patrie, mais où sont aussi enregistrés les noms de 14 criminels de guerre condamnés par les Alliés après 1945, d'où l'ire de Pékin et Séoul.

Les relations du Japon avec ses voisins restent empoisonnées par le souvenir des atrocités commises par les troupes impériales pendant la colonisation de la péninsule coréenne (1910-1945) et lors de l'occupation partielle de la Chine (1931-1945).

Outre ces querelles historiques, des disputes territoriales perdurent et sont régulièrement ravivées d'un côté ou de l'autre.

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