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22/04/2015 12:10 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Afrique du Sud: les violences xénophobes affectent l'économie (ministre)

La vague de violences xénophobes qui secoue l'Afrique du Sud depuis plusieurs semaines a durement affecté l'économie, faisant perdre des recettes d'exportation au pays, a regretté mercredi le vice-ministre du Commerce et de l'Industrie.

"Depuis le début des attaques, notre pays a perdu des milliards de rands de revenus à l'exportation" (1 euro = 13 rands), a relevé le vice-ministre Mzwandile Masina.

Bien qu'il soit encore trop tôt pour quantifier les pertes pour l'économie la plus sophistiquée d'Afrique, qui exporte beaucoup dans le reste du continent, l'effet des violences est selon lui clairement négatif.

Les trois semaines de violences, qui ont principalement visé des étrangers africains, ont officiellement fait sept morts et des milliers de réfugiés. Elles ont été suivies dans certains pays du reste de l'Afrique par des appels au boycott des produits sud-africains.

"La situation est devenue intenable", a même déclaré M. Masina devant un forum sur l'immigration dans la banlieue de Johannesburg, selon l'agence gouvernementale SANews.

"Nous adressons nos condoléances et nos excuses au continent", a-t-il ajouté.

"Nous vendons pour 260 milliards (20 milliards d'euros) de marchandises à d'autres pays africains. Ces 260 milliards de rands créent plus de 160.000 emplois en Afrique du Sud", a de son côté rappelé le ministre du Développement économique Ebrahim Patel devant des ouvriers à Pretoria.

De nombreux Sud-Africains perdront leur emploi si les liens économiques unissant l'Afrique du Sud au reste du continent sont coupés, a-t-il insisté.

Ebrahim Patel a aussi exhorté les entreprises à ne pas employer des étrangers sous-payés de préférence aux Sud-Africains, selon la même source.

Le gouvernement, qui a envoyé l'armée dans les quartiers sensibles pour éviter tout débordement, cherche en effet à apaiser la population qui accuse volontiers les étrangers de voler le travail des Sud-Africains, notamment en acceptant des salaires moindres.

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