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22/04/2015 07:20 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Afrique du Sud: l'ambassadeur congolais appelle l'Afrique à éviter toutes représailles

L'ambassadeur de République démocratique du Congo (RDC) à Pretoria a appelé les pays africains à s'abstenir de toutes représailles envers l'Afrique du Sud après les violences xénophobes de ces trois dernières semaines qui ont visé des migrants du continent.

"Nous appelons nos pays à se garder de toute représailles", a déclaré Bene M'Poko, doyen du corps diplomatique local, devant les journalistes de la presse étrangère.

L'Afrique du Sud doit accueillir en juin un sommet de l'Union africaine (UA) qui ne devrait toutefois pas être compromis selon lui.

"Ce qui se passe est vraiment regrettable (...) C'est vraiment un recul", a-t-il dit, "mais aujourd'hui ils (le gouvernement sud-africain) réagissent avec beaucoup d'efficacité". "Si la situation se calme et que l'Afrique du Sud envoie des émissaires, surtout dans les pays qui ont des victimes, je crois que le continent devrait comprendre".

Les victimes des violences sont exclusivement issues du continent. Ils sont Mozambicains, Congolais, Zimbabwéens, Ethiopiens, sans compter des Sud-Africains.

La diaspora congolaise qui compte environ 300.000 personnes en Afrique du Sud déplore "trois à quatre morts", selon l'ambassadeur.

"On peut accepter que cela arrive une fois (en 2008, ndlr), que ce soit accidentel, mais quand cela se répète, cela devient une habitude", a encore déclaré M. M'Poko, en reprochant au gouvernement d'avoir "cette fois réagi avec un peu de retard" et "un nombre insuffisant de policiers".

"Si l'on observe la société sud-africaine, il y a des problèmes profonds qui doivent être réglés", a-t-il poursuivi, en ajoutant: "Il faut conscientiser les Sud-Africains" à propos de la contribution du continent à la lutte contre le régime raciste d'apartheid.

Il a aussi déploré l'impunité qui a suivi les violences xénophobes de 2008 qui avaient fait 62 morts, dont une vingtaine de Sud-Africains. "A ma connaissance il n'y a eu qu'une seule condamnation", a-t-il critiqué.

En matière d'immigration, "nous avons tous les mêmes problèmes, nos frontières sont poreuses", a reconnu le diplomate.

"Nous ne voulons pas voir des murs s'élever à nos frontières, fondamentalement nous devrions être comme l'Union européenne", a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de favoriser l'intégration régionale et les investissements économiques réciproques entre pays africains.

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