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19/04/2015 06:13 EDT | Actualisé 19/04/2015 06:13 EDT

Les violations des droits de la personne au Mexique dénoncées par une délégation du pays

Radio-Canada

Des proches des 43 étudiants disparus au Mexique à l'automne 2014 sont de passage au Canada pour dénoncer les nombreuses violations des droits de la personne qui ont cours dans leur pays.

Un texte de Michel Marsolais

Le gouvernement mexicain a beau clamer que ces étudiants enlevés par la police le 26 septembre dernier sont morts, plusieurs parents refusent de croire cette version.

« Comme chef de famille, nous ne pouvons pas accepter la version du gouvernement. Nous croyons qu'ils sont vivants et on continue de les chercher », raconte Hilda Legideno Vargas de passage à Montréal.

Le fils d'Hilda Legideno Vargas, Jorge Antonio, faisait partie d'un groupe de 43 étudiants d'Ayotzinapa qui se rendait à une manifestation politique dans la ville voisine d'Iguala, dans la province de Guerrero.

Sur ordre du maire de la ville, la police a donné l'assaut contre les étudiants. Résultat : 6 morts, 27 blessés et 43 disparus mystérieusement.

Le gouvernement affirme maintenant que les disparus sont tous morts.

L'affaire continue de susciter une véritable crise politique au Mexique.

Après des mois de recherche, le gouvernement avait conclu que les policiers ont remis les étudiants au cartel de narcotrafiquants Guerreros Unidos qui les auraient exécutés avant de brûler les corps. Mais plusieurs observateurs contestent les conclusions de cette enquête.

« Le Guerrero est dirigé par des criminels », affirme Hilda Legideno Vargas.

Le maire d'Iguala, José Luis Abarca, et son épouse ont été arrêtés au début de février, mais l'argent de la drogue continue d'alimenter la corruption au Mexique.

Jorge Luis Clemente Balbuena connaissait bien tous les disparus, des camarades de classe de l'École d'Ayotzinapa.

Avec d'autres membres de sa communauté, il vient livrer ce message aux Canadiens : « le Mexique n'est pas un pays sûr. Les étudiants y sont assassinés, frappés, emprisonnés. »

Il réclame toujours qu'on fasse la lumière sur les événements d'Iguala.

Pression du Canada

La délégation compte sur les pressions que peuvent exercer ses partenaires du Mexique économiques comme le Canada pour contrer les violations des droits de la personne dans ce pays.

« Le Canada a non seulement un poids, il a une responsabilité face au Mexique et face à la situation des droits de la personne. Depuis la signature du traité de libre-échange, la situation au Mexique n'a pas cessé de se détériorer », déplore Gerardo Aiquel, responsable de l'Amérique latine pour l'organisme L'Entraide missionnaire.

Les échanges commerciaux entre les deux pays se chiffrent à environ 20 milliards de dollars.

La délégation demande aussi au gouvernement canadien de cesser d'imposer un visa aux ressortissants mexicains qui cherchent protection au Canada.

La caravane d'Ayotzinapa visitera d'autres villes canadiennes pour rencontrer diverses organisations civiles et gouvernementales.

Depuis huit ans, plus 23 000 Mexicains ont disparu dans leur pays. Malgré tout, le gouvernement du Canada considère toujours le Mexique comme un pays « sûr ».

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