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Débat du PQ à Québec: Drainville jette les gants (VIDÉOS)

QUÉBEC - Bernard Drainville a fait flèche de tout bois lors du débat du PQ à Québec jeudi soir. Troisième dans les sondages, il a pris pour cible Alexandre Cloutier, en plus de mettre les militants en garde contre le «mirage» PKP.

Près de 600 personnes étaient réunies au théâtre L'impérial de Québec pour ce troisième débat officiel de la course à la chefferie du Parti québécois. Les candidats ont débattu sur les thèmes de l'éducation et de l'indépendance.

Bernard Drainville a donné le ton d'entrée de jeu. «Ce soir, il va falloir aller au fond des choses», a-t-il dit, mettant de côté son credo selon lequel les candidats doivent «éviter de trop se maganer» au cours de la campagne.

Le député de Marie-Victorin réservait une surprise pour Alexandre Cloutier. Il a cité son mémoire de maîtrise rédigé en 2003. Le jeune député y affirmait que la Cour suprême pourrait agir comme arbitre du processus de sécession du Québec.

«[...] nous croyons essentiel de prévoir dans le projet de modification constitutionnelle l'autorité compétente pour interpréter et faire respecter le cadre juridique applicable à la sécession d'une province. La Cour suprême du Canada jouit à notre avis de l'indépendance et de l'expertise nécessaire pour jouer ce rôle», écrivait-il.

Pris de court, Alexandre Cloutier a d'abord souligné qu'il s'agissait d'un travail dans le cadre de ses études. Il a ensuite commenté l'incident en point de presse. «Je pense qu'il faut être vraiment désespéré et il faut vraiment avoir l'impression que la course va mal pour sortir une analyse juridique du Renvoi sur la sécession que j'ai approfondie lorsque j'étais étudiant à la maîtrise», a-t-il dit.

Auparavant, les candidats Drainville et Cloutier s'étaient également affrontés dans un échange corsé. «C'est pas une politique, l'enthousiasme», a lancé Drainville à son jeune collègue. Alexandre Cloutier a rétorqué en affirmant que le député de Marie-Victorin a changé d'idée trois fois sur son projet d'accession à l'indépendance depuis le début de la course.

Bernard Drainville a répliqué du tac au tac en lui reprochant d'avoir renié la charte des valeurs après l'élection du 7 avril dernier.

Le «mirage» PKP

Le député de Marie-Victorin a également attaqué Pierre Karl Péladeau en lui demandant à deux reprises de dévoiler son plan pour accéder à la souveraineté. Il a été vivement hué la seconde fois. Le député de Saint-Jérôme demande un «chèque en blanc» aux militants, croit Bernard Drainville.

«Pour gagner les élections, il va falloir convaincre un plus grand nombre d'électeurs», a répondu PKP, expliquant qu'il souhaite aller chercher des votes à Québec solidaire et la CAQ.

Bernard Drainville a également lancé des piques à PKP dans son mot de clôture. Il a mis les péquistes en garde contre la «tentation de se raccrocher à cette idée de l'homme providentiel» et du «sauveur». «Moi, je pense que c'est un mirage», a-t-il lancé, en rappelant que les Lévesque, Parizeau et Bouchard ont échoué dans le projet de souveraineté du Québec.

Le député de Marie-Victorin a également soulevé des doutes sur la capacité de PKP à assumer le rôle de chef de l'opposition. «Dans un mois, on va voter pour un chef. Quelqu'un capable d'affronter Philippe Couillard jour après jour et gagner le débat parlementaire, a-t-il dit. Quelqu'un capable de répondre aux journalistes tous les jours, sans s'enfarger.»

Bernard Drainville avait peut-être été fouetté par un sondage défavorable publié le week-end dernier. Le coup de sonde de la firme Léger le plaçait en troisième position chez les sympathisants péquistes, à 9%. Il obtenait 7% en février. PKP trône toujours au sommet avec 59%, suivi d'Alexandre Cloutier, à 13%. Martine Ouellet obtenait 4%, et Céré, 1%.

Déjà en début de journée, Martine Ouellet avait tiré une première salve en dénonçant le discours «flou, mou et ambigu» du meneur de la course, Pierre Karl Péladeau. «On ne sait pas s'il veut réaliser l'indépendance dans le premier mandat, il ne veut pas prendre position avant 2018, a-t-elle soulevé. Ça prend un sérieux coup de barre, il faut sortir de ce discours flou, mou et ambigu, pour avoir un discours clair, un plan très clair pour réaliser l'indépendance.»

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