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13/04/2015 08:25 EDT | Actualisé 13/06/2015 01:12 EDT

Procès Duffy : des dépenses qui n'auraient pas dû être approuvées

Le procès du sénateur suspendu Mike Duffy a repris lundi matin avec le témoignage d'une employée du service de ressources humaines du Sénat qui avait le mandat de réviser et d'autoriser ses demandes de contrats.

Un texte de Daniel Thibeault

Appelée à la barre par la Couronne, Sonia Makhlouf a expliqué que le paiement de services qui ne sont pas liés au travail du sénateur n'aurait pas été autorisé s'ils avaient été clairement décrits sur la demande de contrat.

Mike Duffy fait face à 31 chefs d'accusation de fraude, d'abus de confiance et de corruption. Huit des accusations sont liées à l'attribution de contrats de consultation à un ami du sénateur pour des services injustifiés ou qui n'auraient pas dû être remboursés par le sénat.

La demande d'attribution de contrat, formulée par le bureau du sénateur Duffy à Gerald Donohue et à la compagnie Maple Ridge Media Services, était pour des services éditoriaux et des services de rédaction incluant des discours. En tout la compagnie aurait ainsi perçu quelque 60 000$.

La GRC allègue qu'une partie de ces sommes a été utilisée pour payer les services d'une maquilleuse, pour faire un cadeau en argent à un bénévole et pour payer les services d'un entraîneur privé pour le sénateur.

« Si le formulaire avait indiqué "service de maquillage pour le sénateur", auriez-vous procédé avec la demande? », a demandé le procureur de la couronne Jason Neubauer.

« S'il avait été écrit "maquillage", je n'aurais pas procédé avec la demande », a répondu Sonia Makhlouf. Elle a indiqué qu'elle n'aurait pas non plus approuvé le versement d'un cadeau en argent à un bénévole ou les services d'un entraîneur privé.

La question des contrats est l'un des volets du procès du sénateur Mike Duffy. Ce dernier est également accusé d'avoir perçu des allocations de logement et d'avoir fait rembourser des dépenses inappropriées.

La semaine dernière, un ex-conseiller juridique du Sénat, Mark Audcent, a été le premier témoin entendu par la cour. Il est venu expliquer les règles administratives de la chambre haute en matière de résidence et de dépenses.

L'avocat de Mike Duffy lui a fait admettre que ces dernières étaient vagues et pouvaient laisser place à interprétation.

Le procès, qui doit durer 41 jours, entame sa seconde semaine d'audiences.