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13/04/2015 16:00 EDT | Actualisé 13/06/2015 01:12 EDT

France: Manuel Valls plaide pour des pouvoirs de surveillance accrus

PARIS - Le premier ministre français Manuel Valls a plaidé lundi pour permettre à son gouvernement de se doter de pouvoirs de surveillance accrus en cas de menace exceptionnelle.Au cours d'un discours à l'Assemblée nationale française, le premier ministre Valls a défendu un nouveau projet de loi qui permettrait d'utiliser des mesures extraordinaires dans le cas de crises majeures affectant la sécurité des citoyens. Il donnerait entre autres aux services de renseignements le droit d'exercer leur surveillance sans soumettre une demande à un comité indépendant de neuf personnes, comme c'est normalement le cas.Les législateurs ont commencé, lundi, à débattre du projet de loi en question, dont l'objectif est de légaliser une surveillance plus soutenue des individus soupçonnés de terrorisme. Même si le gouvernement tente de se distancer des réglementations de surveillance à l'américaine, la proposition a provoqué une levée de boucliers de défenseurs de la vie privée et des droits humains, ainsi que d'un syndicat de magistrats et de l'Association du Barreau de Paris.Lundi, un groupe de dix organisations ont dénoncé le projet de loi dans une déclaration commune, estimant qu'il s'agit de «la légalisation de méthodes de surveillance intrusive sans garanties que la liberté individuelle et la vie privée seront protégées».Ce projet de loi était dans les plans longtemps avant les attaques islamistes de Paris en janvier, mais Manuel Valls a déclaré que celles-ci le rendaient encore plus urgent.Le premier ministre a déclaré à l'Assemblée nationale que les services de renseignements avaient déterminé que sept djihadistes de France — des citoyens ou des résidents — étaient morts en Irak et en Syrie en commettant des attentats suicides. Six d'entre eux s'étaient récemment convertis à l'islam. M. Valls a insisté lundi sur le fait que la collecte d'information serait encadrée par la loi et placée sous la surveillance d'un comité indépendant, la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR).L'une des mesures les plus contestées de ce projet de loi concerne les métadonnées en provenance des ordinateurs et des téléphones portables. Les services de renseignements pourraient les récolter de manière anonyme en vue de les analyser pour détecter des comportements à risque. Une fois ceux-ci identifiés, les agents de renseignement pourraient demander au CNCTR l'identité de l'utilisateur en vue de procéder à une surveillance rapprochée.