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Une rencontre historique entre Barack Obama et Raul Castro

PANAMA, Panama - Les chefs d'État des États-Unis et de Cuba ont participé à une rencontre formelle, samedi, au Panama, dans le cadre du Sommet des Amériques — une première en plus de 50 ans de relations hostiles entre les deux pays, qui se sont engagés rétablir leurs relations diplomatiques.Les présidents Barack Obama et Raul Castro ont discuté côte-à-côte dans une petite salle de conférence en marge du sommet. L'entretien, qui a duré plus d'une heure selon les autorités cubaines, n'était pas prévu à l'avance, selon la Maison-Blanche. Les deux dirigeants voulaient profiter de l'occasion pour discuter du dégel de leurs relations, annoncé en décembre dernier.M. Obama a déclaré aux journalistes qu'il était temps «d'essayer quelque chose de nouveau» auprès du gouvernement cubain et des Cubains eux-mêmes. Il a toutefois reconnu qu'il reste encore plusieurs désaccords entre Washington et La Havane.«Nous avons conclu que nous allions être en désaccord dans le respect et la politesse. À travers le temps, peut-être tournerons-nous la page pour développer une nouvelle relation entre nos pays», a affirmé le président.Quelques instants avant le début de l'entretien, M. Obama a reconnu que le gouvernement cubain avait lui aussi ses réticences face à certaines politiques américaines.Raul Castro a affirmé qu'il était d'accord avec tout ce qu'avait dit M. Obama — un aveu assez surprenant en soi de la part d'un président cubain. Il a indiqué qu'il serait prêt à discuter de questions plus délicates, telles que les droits de la personne et la liberté de presse. Il a ajouté que «tout pouvait être sur la table», même si les deux pays devaient aussi accepter «d'être en accord dans le désaccord» sur certains enjeux.«Nous sommes disposés à parler de tout — avec patience», a-t-il affirmé aux journalistes en espagnol, ajoutant que les désaccords d'aujourd'hui pouvaient devenir les accords de demain.La dernière rencontre entre un président américain et un homologue cubain remonte à 1958. Par coïncidence, Dwight Eisenhower s'était aussi réuni avec Fulgencio Batista à Panama.Plus tôt, samedi, M. Castro avait pourtant livré un discours enflammé de près d'une heure sur les doléances historiques des Cubains envers les Américains. Le président s'est finalement excusé à M. Obama, qui n'est pas responsable des décisions prises par ses prédécesseurs, a-t-il reconnu.«Je lui ai dit que je devenais très émotif quand je parlais de la révolution (cubaine, en 1959)», a-t-il déclaré.M. Obama a fait part de son intention de se tourner vers l'avenir: «La guerre froide est finie depuis longtemps. Je ne suis pas intéressé à mener des batailles, qui, franchement, ont commencé avant ma naissance».L'administration Obama avait laissé entendre dans les derniers jours qu'elle rendrait bientôt une décision sur la possibilité de retirer Cuba de la liste des États soutenant le terrorisme. Un porte-parole du président qui a requis l'anonymat a toutefois indiqué qu'une annonce n'était pas prévue samedi.Le président Castro a d'ailleurs admis samedi que son gouvernement avait soutenu par le passé des organisations «considérées terroristes», parce qu'il «n'avait pas le choix». À La Havane, des Cubains ont manifesté leur joie lorsqu'ils ont aperçu sur les écrans leur président avec M. Obama. Des résidants de la capitale cubaine se sont dits encouragés, plaidant toutefois pour une accélération de ce «réchauffement» entre les deux pays.«Ça fait des années qu'on attend quelque chose comme ça. J'espère que ça ne restera pas seulement une conversation», a souligné l'artiste de rue Rosa Marie Argudin.Par ailleurs, M. Obama a aussi eu un tête-à-tête avec le président du Venezuela, Nicolas Maduro, malgré les tensions suscitées par l'imposition de nouvelles sanctions à l'endroit de représentants vénézuéliens.La porte-parole de M. Maduro Teresa Maniglia a écrit sur compte Twitter que la rencontre avait été marquée par le «respect et la cordialité». Les deux chefs d'État se seraient salués en espagnol, selon Mme Maniglia, qui n'a pas fourni plus de détails. Le président Maduro avait déclaré plus tôt, samedi, qu'il tendait une branche d'olivier au président américain. Il a indiqué qu'il était prêt à pardonner toutes les «agressions» des États-Unis contre son gouvernement et à travailler au rétablissement de leurs relations.

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