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12/04/2015 10:40 EDT | Actualisé 12/06/2015 01:12 EDT

Le pape François reconnaît le génocide arménien comme le «premier du 20e siècle»

VATICAN, État de la Cité du Vatican - Le pape François estime que le massacre des Arméniens est le «premier génocide du 20ème siècle». À sa traditionnelle messe dominicale, le souverain pontife a encouragé la communauté internationale à reconnaître le génocide, survenu il y a exactement 100 ans.Devant des fidèles à la basilique St-Pierre, François a affirmé qu'il était de son devoir d'honorer la mémoire des «innocents» qui ont été exécutés de façon «insensée» par les Turcs ottomans.Le pape a ajouté que le déni de ces événements équivaudrait à «laisser saigner une plaie sans y mettre de pansement».Les historiens évaluent à 1,5 million le nombre d'Arméniens qui ont été tués par les Ottomans lors de la Première Guerre mondiale.Les commentaires du chef de l'Église catholique sont particulièrement explosifs pour la Turquie, qui refuse de reconnaître le génocide depuis longtemps. Le gouvernement turc martèle que les Arméniens sont morts des suites d'une guerre civile et que le bilan des morts aurait été amplifié.Après la messe, le ministre des Affaires étrangères de la Turquie a d'ailleurs affirmé que son pays avait «perdu confiance» envers le Vatican.Dans un communiqué, le ministre s'est dit «déçu et triste» que la déclaration du pape entre en contradiction avec le message de «paix et de dialogue» qu'il avait lancé lors de sa visite en Turquie, en novembre dernier.Il avait aussi convoqué l'ambassadeur d'Ankara au Vatican, plus tôt, pour lui faire part de son mécontentement.Le dirigeant de l'Église apostolique arménienne Aram I , qui était au Vatican, a remercié le pape pour son geste, rappelant que le «génocide» était un crime contre l'humanité «qui nécessite réparation».«Le droit international énonce clairement que la condamnation, la reconnaissance et la réparation sont interconnectés», a-t-il affirmé, en anglais.Plusieurs pays européens ont déjà reconnu le massacre comme étant un génocide, mais l'Italie et les États-Unis se sont bien gardés d'utiliser ce terme étant donné leurs relations de proximité avec la Turquie.Le pape émérite Benoit XVI n'avait jamais utilisé ce terme lui non plus.L'Organisation des Nations unies (ONU) définit un génocide comme un crime «commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux».