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12/04/2015 12:08 EDT | Actualisé 12/04/2015 12:08 EDT

Claude Robinson de tout cœur avec les étudiants qui s'expriment

PC

Claude Robinson se promène souvent dans les écoles secondaires et les cégeps de la province pour échanger avec les jeunes, partager son expérience avec eux, leur transmettre un message de persévérance. S’il dit se désoler des agitations et des violences qui ont perturbé certaines manifestations récentes, l’artiste appuie néanmoins quiconque ose protester et faire valoir ses idéaux.

«Je perçois une volonté chez les gens de se tenir debout, de faire ce qu’ils ont à faire, a déclaré le créateur, rencontré vendredi à l’occasion du Gala des Zapettes d’or d’ARTV. Je trouve ça magnifique. Il y a souvent des situations qui font en sorte que les gens n’y arrivent pas jusqu’au bout. Mais tout le monde, à un moment donné, gagne un petit combat quelque part. Ce qui est important, c’est de ne pas se décourager, de toujours foncer.»

«Dénoncer nos opinions, c’est quelque chose de foncièrement important», a ajouté Claude Robinson, lorsqu’on lui a demandé si son propos touchait les levées de boucliers des dernières semaines dans les cégeps et les universités, entre autres contre l’austérité.

«Il n’y a pas un gars plus ordinaire que moi. Si moi, j’ai réussi à me battre contre quatre multinationales, imagine ce que de brillants jeunes garçons et jeunes filles peuvent faire. Quand je rencontre les jeunes, je les positionne clairement dès le départ. Dans la conversation, j’établis qu’à peu près tout le monde dans la classe est plus brillant que moi. Et je leur prouve! (rires) À partir de là, une relation s’installe dans le dialogue. C’est beaucoup plus intéressant que d’aller faire un discours pédant en avant. Ça, ce n’est pas mon genre.»

Visiblement admiratif de la jeune génération qui sort dans la rue pour s’exprimer, Claude Robinson ne jette pas la pierre trop vite lorsque vient le temps de condamner les auteurs des saccages qui jettent souvent de l’ombre sur les regroupements populaires.

«Je n’aime pas les abuseurs casseurs, qui profitent de la situation, a-t-il nuancé. Mais il m’est souvent arrivé d’aller marcher avec des jeunes. Une fois, l’an dernier, au cours d’une de ces marches, j’ai vu arriver six personnes qui se sont placées en cercle ; plus loin, une septième personne, du même groupe, s’est jetée à genoux par terre, a enlevé sa cagoule, s’est relevée et est partie. Et cette personne n’avait rien à voir avec les jeunes, elle avait au-dessus de 50 ans. Ce genre de casseurs m’embêtent énormément.»

«Ce qui crée le trouble, ce ne sont pas nécessairement les jeunes ou les étudiants comme tels. On devrait davantage analyser qui fait la casse…»

La piqûre du jeu

Claude Robinson était présent auprès de l’équipe de C’est juste de la TV, au Gala des Zapettes d’or, vendredi, pour accepter le prix de la Performance artistique de l’année. En fait, c’est l’hommage qu’on lui a rendu aux 29e Gala des Prix Gémeaux, sur l’air de sa chanson-fétiche, Tenir debout, de Fred Pellerin et David Portelance, en septembre dernier, qui a ainsi été récompensé.

Le public a voté massivement pour cet émouvant coup de chapeau, qui s’opposait, dans sa catégorie, à l’animation de Louis-José Houde au Gala de l’ADISQ 2014, à la performance de Véronic DiCaire à SNL Québec, à la prestation de Sylvie Desgroseillers aux auditions à l’aveugle de La voix et au numéro du Grand cerf-volant à En direct de l’univers, spéciale du Jour de l’an.

Et Claude Robinson était très heureux, vendredi, de revivre en partie ce beau cadeau qu’on lui a offert devant plusieurs milliers de téléspectateurs.

Son association avec l’organisation des Prix Gémeaux ne fait d’ailleurs que commencer. Claude Robinson est en charge, cette année, de former les six jurys composés de professionnels de l’industrie de la télévision, qui jugeront les productions inscrites en vue du 30e Gala et établiront la liste des finalistes et désigneront les gagnants. Sa collaboration dans le processus s’inscrit dans toute la démarche qui a mené à la grande réconciliation qui a ramené TVA, Productions J et Aetios au rassemblement et qui tend à donner plus de transparence au mode de scrutin.

«C’est très complexe, a noté l’homme de confiance de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision au Québec, qui chapeaute les Gémeaux. Le travail se fait graduellement. J’ai toujours besoin de volontaires pour former les jurys. Mais c’est important que les gens s’impliquent et soient disponibles. Je fais appel aux gens qui ont les connaissances pour juger les textes, juger une œuvre. Et j’exige des gens qu’ils visionnent les émissions. Le mandat, ce n’est pas juste d’aller voter. Le visionnement est important et représente beaucoup d’heures.»

Sinon, Claude Robinson vient de compléter la version dialoguée de son scénario de long-métrage qui sera produit par Aetios et Fabienne Larouche. «C’est assez agréable de travailler avec eux», a-t-il laissé tomber avec le sourire. Il planche également sur un projet personnel d’animation, qui pourrait déboucher sur un court-métrage, mais qui en est encore à ses premiers balbutiements.

Et, fort de son expérience de comédien dans 30 vies, où il a incarné un rôle épisodique au début de l’hiver, Claude Robinson ne demande qu’à jouer de nouveau. Il a adoré son personnage de grand-père itinérant et est prêt à tout, ou presque, pour qu’on fasse encore appel à ses talents d’acteur.

«J’ai adoré ça, a-t-il lancé avec fougue et passion. Ç’a été une piqûre pour moi! Tout ce que je souhaite, c’est d’avoir toutes sortes de rôles. De jouer des motards, par exemple. Je suis prêt à aller me faire couper les cheveux, à faire n’importe quoi. Jouer, j’ai trop aimé ça!»

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