Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Un dirigeant d'un parti pakistanais exécuté au Bangladesh pour crimes de guerre

DHAKA, Bangladesh - Le Bangladesh a exécuté un haut dirigeant d'un parti islamiste pour des crimes contre l'humanité commis durant la guerre de l'indépendance de 1971 contre le Pakistan.Un important responsable du milieu pénitencier, qui a requis l'anonymat, a confirmé que Mohammad Qamaruzzaman avait été mis à mort par pendaison, samedi soir, dans la prison centrale de la capitale, Dhaka.Forman Ali, un haut responsable de la prison, a confirmé aux journalistes que l'exécution avait eu lieu vers 22 h 30, heure locale.Selon les procureurs, Qamaruzzaman, un secrétaire général adjoint du parti islamiste pakistanais Jamaat-e-Islami, a dirigé une milice qui a collaboré avec l'armée pakistanaise dans le centre du Bangladesh en 1971 et qui est derrière le meurtre d'au moins 120 agriculteurs non armés.Dans un communiqué envoyé tard samedi, le parti Jaamaat-e-Islami, le plus gros parti politique bangladais, a dénoncé l'exécution et appelé à une grève nationale lundi. Le Bangladesh accuse les soldats pakistanais et des collaborateurs locaux d'avoir tué trois millions de personnes durant la guerre de neuf mois pour l'indépendance. Environ 200 000 femmes ont été violées et environ 10 millions de personnes ont dû trouver refuge dans des camps en Inde. Selon le ministre adjoint de l'Intérieur, Asaduzzman Khan, l'exécution a eu lieu parce que Qamaruzzaman a refusé de demander la clémence présidentielle. Il devient la seconde personne à être mise à mort depuis qu'ont été créés, il y a plus de quatre ans, les tribunaux qui jugent les présumés criminels de guerre.Lundi, la cour suprême du Bangladesh avait rejeté le dernier recours disponible pour Qamaruzzaman pour tenter de faire renverser la peinequi lui a été remise par le tribunal spécial en mai 2013. Son seul autre recours aurait été de demander le pardon présidentiel.Le pays a exécuté Abdul Quader Mollah, un autre secrétaire adjoint du même parti, en décembre 2013.D'autres verdicts sur des crimes de guerre, ainsi que l'exécution de Mollah, ont déjà déclenché des violences dans le pays par le passé. Les autorités avaient augmenté la securité dans la capitale et ailleurs en prévision de l'exécution.Plus tôt cette semaine, l'ONU et les États-Unis avaient exprimé des réserves quant au procès ayant mené à la sentence, et se sont opposés à l'exécution de la peine. Mercredi, l'ONU a affirmé que le procès ne répondait pas aux exigences internationales. Quant au département d'État américain, se faisant plus discret sur la légitimité du procès, il a dit samedi que des améliorations pouvaient encore être apportées au système judiciaire pour se plier aux exigences locales et internationales, et qu'étant donné «l'irréversibilité» de la peine, il était plus prudent d'attendre.

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.