NOUVELLES
11/04/2015 00:00 EDT | Actualisé 10/06/2015 01:12 EDT

Sommet des Amériques: une série d'enjeux délicats et complexes pour Harper

OTTAWA - Le succès ou l'échec du premier ministre Stephen Harper lors du sommet des leaders continentaux à Panama, en fin de semaine, dépendra de sa capacité à gérer une série d'enjeux délicats et complexes dans les Amériques, affirment des experts.M. Harper pourrait se retrouver en situation inconfortable relativement à deux enjeux majeurs qui risquent fort d'être au coeur des deux jours du Sommet des Amériques: la crise croissante au Venezuela et le réchauffement des relations entre les États-Unis et Cuba.Le premier ministre Stephen Harper est arrivé au Panama, vendredi, alors qu'une rencontre historique entre les présidents américain et cubain devrait attirer la majeure partie de l'attention durant le sommet.La participation de Raúl Castro au sommet survient au moment où les États-Unis et Cuba travaillent à restaurer leurs relations diplomatiques après un demi-siècle d'hostilités. Il y a trois ans, le Canada et les États-Unis avaient été les seuls pays des Amériques à rejeter une proposition visant à inviter Cuba au sommet.M. Harper semble maintenant avoir changé d'avis. Une source gouvernementale a précisé que rien n'avait encore été confirmé, mais que le Canada accueillerait favorablement une discussion en personne entre MM. Harper et Castro.Le Canada, qui maintient des relations diplomatiques avec Cuba depuis 70 ans, a joué un rôle clé dans les récentes discussions entre Cuba et les États-Unis, qui se sont déroulées sur son territoire. M. Harper prévoit également avoir des échanges bilatéraux avec d'autres leaders.À la veille du sommet, le président des États-Unis, Barack Obama, a laissé entendre qu'il retirerait bientôt Cuba de la liste américaine des États soutenant le terrorisme.M. Harper, qui a critiqué le régime cubain par le passé, devra non seulement se positionner sur le rapprochement entre les États-Unis et Cuba; il risque aussi de devoir prendre position à l'égard des troubles au Venezuela et de son conflit avec les États-Unis.L'administration Obama a récemment imposé des sanctions contre sept responsables gouvernementaux vénézuéliens pour dénoncer la répression d'opposants politiques par le président Nicolas Maduro. Le décret présidentiel décrit le Venezuela comme une menace à la sécurité des États-Unis, un document qualifié d'«acte d'agression» par M. Maduro et ses alliés.«(Le geste des États-Unis) a été fermement condamné par tous les pays d'Amérique latine, incluant des pays ayant de très bonne relations avec les États-Unis», a souligné Jean Daudelin, un professeur de l'Université Carleton qui se spécialise dans le développement et l'Amérique latine.M. Daudelin pense que les membres pourraient présenter au cours de la fin de semaine une résolution dénonçant les États-Unis pour ses sanctions et son discours contre le Venezuela. Il estime que cela pourrait susciter des divisions importantes parmi les 30 États membres.Le Canada pourrait vouloir esquiver la question des sanctions, et plutôt tenter de faire pression afin que le Venezuela prenne une voie plus démocratique.En ce qui a trait à Cuba, proche allié du Venezuela, M. Harper a tenu par le passé des propos incisifs contre le régime Castro — et le communisme en général — et s'était d'abord opposé à l'invitation du président cubain au sommet.M. Harper s'est montré beaucoup plus critique à l'égard de Cuba que ses prédécesseurs, souligne M. Daudelin.Le gouvernement canadien a annoncé vendredi des projets «économiques» devant totaliser 98,1 millions $ à Cuba, au Honduras, en Colombie, au Pérou et au Guatemala. Les investissements s'attarderont à des secteurs tels que le développement rural et agricole, la gouvernance du secteur extractif et l’exploitation minière à petite échelle, ainsi que la production alimentaire durable.