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Ces animaux qui peuvent nous soigner

La zoothérapie existe depuis 30 ans au Québec. Elle a commencé à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal. Les animaux aident les patients à se soigner par leur spontanéité, leur calme et leur absence de jugement.

Un photoreportage de Myriam Fimbry

à Désautels le dimanche

Tania, une patiente atteinte de troubles bipolaires, a calmé son anxiété en caressant ou brossant les pelages. L'équipe de l'Institut Douglas lui a suggéré d'adopter un chien, un épagneul nommé Charlie, qui la suit partout.

Durant sa période dépressive, la présence de Charlie a chassé ses idées noires et l'a motivée à se lever le matin. Il joue un rôle thérapeutique auprès d'elle, bien qu'il ne remplace pas les médicaments et le suivi psychiatrique.

Raymond Plouffe a fondé le service de zoothérapie en 1985. C'est un précurseur au Québec. Il sélectionne les chiens soigneusement. Parmi les qualités requises, il faut qu'ils aiment aller vers les gens, plutôt que vers les chats, furets, cochons d'Inde et oiseaux présents dans le local!

Raymond Plouffe prend sa retraite. Il a sorti le furet de son hamac pour une dernière caresse. Les furets sont souvent les animaux préférés des adolescents.

C'est Frédérique Hébert, formée en éducation spécialisée et passionnée de comportement animal, qui prend le relais à la tête du service. Ici, elle parle de races de chiens avec Catherine, une jeune anorexique hospitalisée depuis trois mois au service des troubles alimentaires.

L'obsession du poids s'envole. Catherine ne pense plus à rien en malaxant le dos du chien Victor, un pug (carlin) qui s'est blotti entre ses jambes. « Ça m'allume une petite gomme balloune en-dedans ». Une bulle de bonheur entre deux rendez-vous médicaux.

Le bouledogue anglais Nelson dort quand il a sommeil, mange quand il a faim. Le reste du temps, il vient offrir en bavant son affection débordante. Il ne craint pas ce qu'on va penser de lui. Pour Catherine, qui s'est isolée des autres avec la maladie, c'est une source d'inspiration.

Maintenant quand Tania revient à l'hôpital, c'est comme employée. Quelques heures par jour, elle vient s'occuper des animaux. Cette responsabilité l'aide à surmonter la maladie. Son chien Charlie l'accompagne toujours et « travaille » lui aussi, en allant chercher les caresses des patients.

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