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BLOGUE : Qui sera le prochain chef conservateur en Ontario?

Ils étaient cinq sur la ligne de départ ; ils ne sont plus que deux dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Cette semaine, Monte McNaughton s'est rallié à Patrick Brown. Il faut dire que ses chances de l'emporter devenaient de plus en plus minces.

C'était probablement un des moments les plus excitants d'une longue course qui n'a pas soulevé les passions jusqu'ici. Mais c'est en train de changer à moins d'un mois de la fin.

Deux candidats, deux options bien distinctes

À la suite du ralliement de Monte McNaughton à Patrick Brown, l'autre candidate dans la course, Christine Elliott, a sorti l'artillerie lourde et les attaques. « Les progressistes-conservateurs peuvent choisir ma vision positive et pragmatique et gagner les prochaines élections. Ou ils peuvent choisir Patrick Brown, un candidat peu expérimenté qui n'est qu'un politicien de carrière. Pire, durant ses années comme député, il n'a rien accompli de majeur », écrivait-elle dans un communiqué peu après l'annonce. Bref, les tensions montent, le ton aussi.

L'enjeu est important : le prochain chef affrontera les troupes de Kathleen Wynne en 2018. Si les progressistes-conservateurs veulent éviter de répéter les erreurs des élections de 2003, 2007, 2011 et 2014, ils devront faire cette fois le bon choix et élire LE ou LA chef qui leur permettra de reprendre le pouvoir après un purgatoire si long sur les bancs de l'opposition.

Les membres du parti ont l'avantage d'avoir un choix bien distinct. D'abord, Christine Elliott, une femme de près de 60 ans, qui est fiscalement à droite, mais socialement plus au centre. Elle est appuyée par l'establishment du parti. Patrick Brown, un homme dans la trentaine plus à droite, tente d'incarner le renouveau, le changement. Il ne siège pas à Queen's Park et n'a donc aucun lien avec la déconfiture conservatrice de l'an dernier.

Et les francophones dans tout ça??

La question du français s'impose dans cette course. Un militant pro-Brown a récemment déposé une plainte au parti parce qu'il lui a été impossible de poser une question en français lors d'un débat dans la région de Durham à la fin mars. Les candidats ont tous déploré l'incident et se sont par le fait même portés à la défense des droits des Franco-Ontariens.

Patrick Brown est bien fier de répéter qu'il parle le français. C'est vrai qu'il se débrouille relativement bien. Christine Elliott promet, quant à elle, de reprendre ses cours de français et d'être en mesure « très bientôt » de se débrouiller dans la langue de Molière. Pour l'instant, elle ne peut pas répondre aux questions en français.

Mais se débrouiller n'est pas suffisant ou n'est pas nécessairement la clé pour bien défendre les droits et les revendications des francophones. De grands Ontariens ne maîtrisaient pas nécessairement le français, mais l'ont tout de même fait. L'ancien premier ministre Bill Davis a fait progresser l'éducation en français même s'il ne parlait pas la langue. Son procureur général, Roy McMurtry, était aussi un grand allié des francophones.

Quels sont donc les plans des candidats progressistes-conservateurs pour les francophones, à part la maîtrise de la langue? Difficile à dire. Patrick Brown finit par mentionner que sa priorité en la matière, c'est d'assurer l'accessibilité aux soins de santé en français. Christine Elliot, elle, soutient qu'elle veut offrir un message positif aux francophones.

Monte McNaughton disait la semaine dernière qu'il faut ratisser plus large, rassembler davantage d'Ontariens pour réussir à rebâtir le parti et devenir une option crédible pour 2018. Voilà une bonne occasion d'inclure les Franco-Ontariens.

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