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Shayne Laverdière: le photographe québécois, star montante, Grand Prix du Concours Lux 2015!

Jeudi 10 avril au soir, Shayne Laverdière a remporté le Grand Prix du Concours Lux: les 100 images de l'année pour "Into the Kingdom" une série créée pour le magazine italien L’Uomo Vogue, illustrant un texte de Xavier Dolan. Entretien avec le photographe québécois, star montante, qui signe par ailleurs la dernière campagne Simons avec Pierre Lapointe.

« Je suis honoré que mes paires aient trouvé cette série digne d'un grand prix.. Cette série, je l’ai shootée à une heure au sud de paris en octobre avec pellicule dans un endroit magique. Toutes les énergies et les bonnes vibrations de l'univers étaient rassemblées. Tout cela est le résultat d’ une équipe forte pour créer des visuels qui resteront dans le temps, je l'espère du moins"

«Cette série fait profiter d’un moment privilégié entre le photographe et son sujet. La direction artistique et le stylisme sont vraiment bien exécutés ; la direction photo est pleine de richesse et de profondeur.» a déclaré Geneviève Croteau, membre du

jury.

Comment décrirais-tu ton style?

«Je dirais: classique, vrai, cinématographique".

Ceci expliquant cela, notamment ta relation professionnelle avec Xavier Dolan?

"Xavier Dolan, je l’ai photographié au moins 10 fois », entame Shayne Laverdière. « Je collabore avec lui comme directeur photo sur des projets photo justement. C’est réellement un travail d’équipe et c’est chaque fois un plaisir! »

On a pu découvrir dernièrement la nouvelle campagne de Simons avec Pierre Lapointe dont tu es l'auteur...

« C’est la deuxième fois que travaillais avec Pierre et c’était formidable », confie le photographe. Aucun doute sur la question le chanteur vedette a un sens unique du style et de la mode qui lui collent à la peau. « Pour cette séance, il a créé son propre look lui-même. Concernant les décors, ce fut un travail d’équipe».

Tu es en train de devenir le photographe des vedettes hommes?

« Ça se fait tout seul, bien que j’aimerais photographier plus de femmes, mais on dirait qu’on m’a catalogué dans ce registre « meilleur dans l’homme ». Je suis le photographe récurrent désormais de Citizen K Homme Sport pour lequel j’ai shooté notamment Guillaume Canet ou Niels Schneider. Je devrais photographier prochainement Shia LaBeouf.

Est-ce plus facile de photographier un homme qu’une femme?

« Pour moi, oui. C’est une ambiance « pote » qui s'instaure entre les hommes, alors qu’une femme inéluctablement cela passe forcément par une approche qui doit être plus polie, plus charmante, et qui induit forcément un peu de séduction de part et d’autre»

Les magnifiques photos de Shayne Laverdière

" Ma force, c’est de ne pas tomber dans les clichés « trop macho » ni trop "posé". J’essaie de ne pas travestir la réalité et de respecter leur personnalité au plus près. J’ai bien sûr fait de nombreuses séances photo avec des femmes, remarquables. Dernièrement avec la comédienne Cécile de France. Moment extraordinaire. Nous avions eu l’occasion au préalable de discuter ensemble - et elle de m’exposer ses attentes, ses envies. Elle ne voulait surtout pas trop poser et être elle-même. Marie Gilain, aussi. Je l’ai rendue hyper rock, c’était une première, et d’ailleurs sa RP n’a pas sauté de joie qu'on dévoile une autre facette de son artiste… (rire) »

Tes débuts?

« J’ai 31 ans, je suis né à Montréal. J’ai eu ma 1ère caméra à 10 ans et j’ai su immédiatement que je voulais en faire mon métier. Ce ne sont pas franchement les études qui m’ont emmené là. Un passage fort peu mémorable au Collège Marsan où je suis resté à peine 3 semaines, mais ce sont les stages et les postes d’assistant auprès de super photographes d’ici qui m’ont permis de me lancer seul....»

De quoi es-tu le plus fier?

« De plein de contrats! Je dois avouer que le Vogue Italien, l’Officiel, le Citizen K Homme Sport, le Flare ou le Dress to Kill : ce sont de super magazines avec lesquels j’ai la chance de travailler. Simons, c’est aussi une super collaboration ».

Tu travailles plus ici ou à Paris?

« À Paris tout simplement parce qu’il y a beaucoup plus de travail en Europe… cela me désole d’ailleurs de ne pas plus travailler au Québec, mais l’industrie ne se porte pas très bien pour nous les photographes. »