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10/04/2015 11:52 EDT | Actualisé 10/06/2015 01:12 EDT

Noir (NWA), un rare film sur la vie autour des gangs de rue québécois

Noir (NWA) est le deuxième film du réalisateur Yves Christian Fournier, qui a fait Tout est parfait en 2008. 

Sept plus tard, il revient avec un film qui raconte l'histoire de quatre personnes qui vivent dans un quartier défavorisé, aspirant au bonheur et à la liberté. Elles côtoient violence, drogue et prostitution dans un quartier défavorisé de Montréal. Si c'est une fiction, la démarche du réalisateur était très proche de celle d'un documentariste.

Kadhafi (Salim Kechiouche) est rappeur algérien de 26 ans, ex-membre d'un gang de rue et père d'un jeune garçon sort de prison et veut se ranger. Fleur (Julie Djiézion), est une jeune mère haïtienne de 17 ans, qui vit une relation abusive et passionnelle avec le père de sa fille. Elle rêve de devenir infirmière et de quitter le ghetto.Suzie (Jade-Mariuka Robitaille), une danseuse blanche de 20 ans qui tombe amoureuse d'Evans, un gangster noir. Leur relation prendra un tour inattendu. Et Dickens (Kémy St-Eloy), 16 ans qui veut faire partie du gang contrôlé par son frère ainé, qui lui en refuse l'accès.

Dramatik : l'inspiration

Yves Christian Fournier s'est inspiré de l'album du chanteur rap Dramatik du groupe Muzzion et de Myriam, sa compagne. « Il m'a donné accès à son album avant qu'il ne sorte et j'ai accroché à cette musique. Je trouvais qu'elle racontait beaucoup d'éléments du film et démystifiait des choses que les gens ne pouvaient pas croire comme le profilage racial et la peur des policiers. Je trouvais ça intéressant à travers ses paroles de montrer que ça existe et qu'elles appuyaient mon film. Il y a une synchronicité », expliquait Yves Christian Fournier en entrevue avec Catherine Perrin.

Le réalisateur voulait s'adresser à des personnes blanches avec ce film. « Je voulais qu'on brise une barrière, le racisme sournois. Les Québécois sont des bonnes personnes, mais pas dans notre manière d'ignorer l'autre, de ne pas vouloir communiquer avec lui et de traiter les immigrants en leur refusant des logements ou un emploi à cause d'un nom à consonance ethnique. Pourquoi il y a cette colère? Un jour on va comprendre. Si j'avais eu les moyens, mon film se serait fini avec Montréal qui brule. C'était de l'anticipation, j'aurai été vraiment loin, mais je voulais interpeller mes pairs et leur dire d'être plus généreux et plus accueillants. Ceux qui sont nés ici ont encore des barrières et les acteurs me l'ont rappelé durant tout le film », souligne Yves Christian Fournier.

L'histoire du scénario

Le scénario de Noir (NWA) est le premier de Jean-Hervé Désiré. Ce dernier est aussi impresario et travaille présentement sur plusieurs projets, autant pour le cinéma que pour la télévision. Il a commencé à travailler en 2007-2008 sur l'écriture de cette histoire. C'est l'histoire de Fredy Villanueva (tué en 2008 par un policier dans un parc de Montréal-Nord) qui l'a convaincu de continuer à écrire cette histoire qu'il avait commencée avant les émeutes. En 2009, la productrice Nicole Robert l'a présenté à Yves Christian Fournier.

Jean-Hervé Désiré est né en Haïti, mais il n'a jamais vécu à Montréal-Nord. « On a été très chanceux, mes parents nous ont protégés. Ils savaient que ces problèmes existaient et ils se sont arrangés pour qu'on s'en tienne loin. Mais en même temps, comme jeune adolescent, tu es toujours curieux. J'ai toujours fréquenté les quartiers de Montréal-Nord et Rivières-des-Prairies où j'ai habité. J'ai rencontré des gens qui ont vécu les problèmes présentés dans le film pour étoffer le propos et être le plus authentique possible », raconte-t-il en entrevue avec Catherine Perrin.

Un ancien de la course

Yves Christian Fournier est un ancien de la Course Destination Monde qu'il a gagné en 1997-98. Outre des courts-métrages et ses deux longs métrages, il a réalisé plusieurs publicités. Il a remporté à plusieurs le prix Créa du meilleur réalisateur.

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