NOUVELLES
10/04/2015 10:54 EDT | Actualisé 10/04/2015 10:56 EDT

Carolle Simard, la présidente du syndicat des professeurs de l'UQAM, contestée après sa sortie contre le recteur

Radio-Canada

L'attaque frontale de la présidente du syndicat des professeurs de l'Université du Québec à Montréal contre le recteur Robert Proulx ne passe pas comme une lettre à la poste dans tout le corps professoral.

En entrevue à ICI RDI vendredi matin, une professeure du département de sciences politiques de l'UQAM, Carolle Simard, a assuré qu'il était faux de croire que Michèle Nevert parle au nom de tous les membres du syndicat.

« Notre présidente de syndicat parle au nom de tous les professeurs, en faisant croire aux gens que tous les professeurs sont derrière les étudiants et cautionnent ce qui se passe à l'université. Ce n'est pas vrai. » — Carolle Simard, professeure au département de sciences politiques de l'UQAM

« Les professeurs sont divisés également, et beaucoup de professeurs commencent à être très irrités de cette position de la présidente du syndicat qui parle en notre nom, et qui ne tient pas compte des enjeux très importants qui se jouent actuellement à l'université », affirme-t-elle.

En entrevue à Radio-Canada jeudi, Michèle Nevert a affirmé qu'il y avait un « bris de confiance » entre la communauté universitaire et le recteur, et que l'écart entre les deux groupes « ne fait qu'augmenter » en raison des décisions prises par Robert Proulx.

Selon Mme Nevert, la solution à la crise est simple : le recteur Proulx devrait s'engager à ne plus faire venir la police dans l'université, et ne pas demander une prolongation de l'injonction, qui vient à échéance lundi prochain. L'UQAM, dit-elle, devrait aussi respecter les votes de grève démocratiques des associations facultaires.

« Oui, j'ai peur »

Mme Simard n'en est pas à sa première sortie publique sur le militantisme étudiant. En février, elle avait publié dans Le Devoir une lettre cosignée par 13 de ses collègues du département de sciences politiques pour dénoncer une culture de l'intimidation à l'UQAM.

« Est-ce que les étudiants peuvent empêcher d'autres étudiants d'étudier, d'assister à leur cours? Je ne suis pas du tout d'accord avec cette posture. C'est ma posture, qui est contestable, je le reconnais. Je la défends » — Carolle Simard, professeure au département de sciences politiques de l'UQAM

Cette lettre, dit-elle aujourd'hui, s'avérait « prémonitoire » dans la mesure où elle a été écrite avant la grève. « Nous dénoncions le saccage, des levées de cours à tout bout de champ, l'impertinence de beaucoup d'étudiants à l'égard des professeurs, l'intimidation à l'égard du personnel de soutien, les manifestations masquées, même avant les grèves », rappelle-t-elle.

Mme Simard ne cache pas qu'elle craint les débordements qu'engendre le conflit. « Oui. J'ai peur. Cela étant dit, dans mes cours, les étudiants à qui j'enseigne, qui sont en politique publique, en administration publique, veulent avoir leurs cours »

« Malheureusement, les étudiants qui ont voté pour la grève estiment qu'ils sont dans leur bon droit, ils ne veulent pas être punis pour les actes répréhensibles qu'ils ont commis. Pour l'instant, c'est eux qui mènent un peu le jeu. Et le recteur essaie de forcer le jeu actuellement », dit-elle.

« Nous verrons qui va gagner. Est-ce que quelqu'un va gagner? »

Galerie photo Manifestation contre l'austérité à Montréal, 2 avril 2015 Voyez les images