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10/04/2015 10:39 EDT

Bombardier songerait à vendre sa division ferroviaire (VIDÉO)

Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, affirme avoir appris de la bouche même du président du conseil d'administration de Bombardier, Pierre Beaudoin, que la branche ferroviaire de la compagnie ne sera pas vendue.

Le ministre a expliqué qu'« il y a présentement un mouvement mondial de consolidation dans l'industrie du transport et il n'est pas exclu que Bombardier participe à cette réorganisation ».

« Je suis très heureux de la confirmation que j'ai pu obtenir ce matin sur la volonté de l'entreprise de ne pas vendre sa division Transport. C'est une excellente nouvelle pour les travailleurs de l'entreprise, mais aussi pour tous les Québécois. »

Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust

Ce faisant, le ministre Daoust tente de démentir les informations relayées par Reuters et selon lesquelles Bombardier étudiait différentes options pour sa branche ferroviaire, dont une cession pour un montant pouvant atteindre 5 milliards de dollars américains (4,7 milliards d'euros), afin de répondre aux défis de son activité dans l'aérien.

Citant des sources proches du dossier, l'agence de presse rapporte que le groupe d'aéronautique et de matériel ferroviaire collabore avec des banques sur des options stratégiques pour sa division du transport ferroviaire, qui fournit des rames de train ainsi que des équipements de signalisation et de contrôle.

Les différentes options envisagées comprennent une éventuelle vente, partielle ou totale, de cette activité, ainsi qu'une mise en bourse, ont dit à Reuters trois sources qui ont requis l'anonymat.

Fusion envisagée

Une fusion avec un autre acteur du secteur comme l'allemand Siemens ou le français Alstom pourrait être envisagée, a ajouté une des sources. Selon cette dernière, l'alliance en 2014 entre les deux plus grands fabricants chinois de trains, CNR et CSR, a poussé le secteur vers un mouvement de consolidation.

Les discussions sont à un stade précoce et Bombardier pourrait choisir de patienter jusqu'à ce que des acquéreurs potentiels comme Alstom et Hitachi aient bouclé leurs transactions récentes, ont ajouté les sources, en avertissant que l'accord restait incertain.

Bombardier a rencontré d'énormes difficultés dans le développement de son programme d'avions CSeries, avec notamment des dépassements de coûts et de nombreux retards, ce qui a fait plonger son cours en bourse de quelque 38 % depuis le début de l'année.

En février, le groupe canadien a surpris les investisseurs en annonçant une suspension du versement de dividendes, le remplacement de son directeur général et une augmentation de capital de 600 millions de dollars, ainsi qu'une levée de 1,5 milliard de dollars de dette à long terme.

Bombardier n'a pas voulu faire de commentaire sur d'éventuels projets de cession.

Isabelle Rondeau, porte-parole du groupe, a dit que Bombardier souhaiterait « participer à une consolidation », en ajoutant que de nombreuses options étaient sur la table, mais qu'il n'y avait pas d'urgence.

« Nous allons agir de façon consciencieuse et intelligente pour nous assurer que tout ce que nous ferons créera de la valeur pour nos actionnaires », a-t-elle affirmé.