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09/04/2015 02:37 EDT | Actualisé 12/04/2015 02:09 EDT

Qui est Matt D'Amours, l'étudiant qui couvre en direct les manifestations?

À l’ère des réseaux sociaux, Twitter et Facebook sont devenus des incontournables pour suivre l’évolution des conflits, qu’ils soient internationaux ou nationaux. Mercredi soir, pendant que des centaines d’étudiants avaient pris possession du pavillon J.-A.-DeSève de l'Université du Québec à Montréal, la Twittosphère surveillait les hashtags #UQAM et #occupationUQAM pour suivre avec attention l’événement en direct.

Parmi les différentes couvertures, l’une d’elles a attiré l'attention.

Alors que la présence de certains médias traditionnels se faisait plus discrète, Mathieu D’Amours, 25 ans, un étudiant en première année inscrit au baccalauréat en journalisme de l’Université Concordia, a diffusé en direct des images de l’intérieur du pavillon jusqu’à l’intervention des policiers dans les murs de l’université.

Hier soir, des milliers d’internautes se sont connectés sur la page de l’étudiant et ont apprécié le professionnalisme de ce dernier. Discussion avec Matt D’Amours.

Q : Dis-nous, qui est Matt D’Amours?

R : Quelqu’un qui est passionné du domaine des médias et qui partage les valeurs fondamentales du métier de journaliste : soit l’honnêteté, l’objectivité et la recherche de la vérité. J’adore observer des situations qui se déroulent dans le feu de l’action et les expliquer au public en général.

Q : On voit sur ton site que tu es un habitué des live streaming. Depuis combien de temps t’y adonnes-tu?

R : Pas très longtemps! En fait, depuis la semaine dernière! Avant cela, je faisais plutôt des podcasts pour le journal étudiant The Link. Puis, lundi le 30 mars, j’ai décidé de couvrir une manifestation avec mon téléphone intelligent, et ce, pour la première fois.

Q : Pourquoi avoir décidé de couvrir le sit-in hier à l’UQAM? Tu étais sur place assez tôt.

R : Dès l’instant où j’ai vu les images des arrestations des étudiants à l’UQAM sur Twitter, je savais que les choses allaient dégénérer. Je suis arrivé vers 17h30, pendant que des étudiants essayaient encore de bloquer l’accès aux salles de cours. Après ça, mes collègues du Link et moi sommes restés dans le pavillon J.-A.-DeSève durant l’occupation de l’Atrium, entre 20h30 et 23h15 environ.

Q : Comment procèdes-tu pour diffuser des images en direct? Quel type de caméra utilises-tu?

R : J’utilise mon téléphone mobile, un Samsung Galaxy Note 2.

Q : Et tu diffuses sur quel site?

R :Ustream.tv

  • Capture d'écran
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  • Capture d'écran
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Q : Tu aspires à devenir journaliste. Crois-tu que le journalisme citoyen a toujours sa place?

R : Absolument! J’ai reçu plein de commentaires très positifs de la part de journalistes établis – ils regardaient mon stream pendant qu’ils travaillaient. Je crois que le journalisme citoyen a définitivement sa place.



Q : Combien de personnes suivaient ton stream hier?

R : Au point de plus grande affluence, presque 3000. Au total depuis le début… je crois qu’environ 20 000 personnes ont regardé le stream.

Q : Hier sur Twitter, tu as reçu les félicitations de plusieurs internautes qui se réjouissaient de pouvoir suivre la manifestation en direct. Plusieurs regrettaient de constater que les médias traditionnels n’ont pu diffuser des images en direct tel que tu l’as fait. Qu’as-tu à dire à ce sujet?

R : C’est un sentiment que je perçois et que je lis beaucoup. Très souvent, les grandes chaînes de médias ne peuvent pas rester pour couvrir une manifestation au complet. Les spectateurs du stream se branchent alors sur le web parce qu’ils sont frustrés de ce manque d’information. Un spectateur m’a écrit sur Twitter il y a quelques jours concernant mes stream disant :

« Un étudiant avec un iPhone pis un sac de chips, informe mieux que DEUX empires médiatiques » - @pacolebel

Q : Les internautes pourront-ils encore compter sur toi pour la suite des choses?

R : Oui, absolument. Je suis présentement en fin de session, mais je fais mon possible pour streamer le plus possible. De plus, l’été arrive… ainsi j’aurai plus de temps pour couvrir les développements de ce mouvement anti-austérité et plusieurs autres évènements d’envergure, j’espère!

Q : La soirée d’hier a été mouvementée. Que peux-tu nous dire sur ton expérience?

R : Pour ce qui est des événements d’hier, l’occupation avait un air de fête durant la plupart de la soirée. Cependant, il y avait beaucoup de vandalisme (des caméras de sécurité et des fenêtres brisées). Une de mes collègues du Link, Alex Bailey, a été témoin de bagarres entre des vandales et des étudiants qui essayaient de les empêcher d’agir.

Vers la fin de la soirée, la tension est montée d’un cran dans le pavillon et nous avons entendu dire que des membres de l’occupation cherchaient les journalistes. J’ai une passe de presse, mais je ne l’ai pas affichée lorsque j’étais à l’intérieur de l’Atrium.

Après 3 heures, nous avons décidé de sortir. Quand la police antiémeute est apparue, on savait que les choses allaient dégénérer dans la rue, et c’est exactement ce qui est arrivé. Ainsi, oui, des fois il y a beaucoup de tension et un sentiment de danger, mais ça fait partie de la job!

» Revoyez la troisième partie de la couverture en direct des événements du 8 avril, par Matt D'Amours:

»Suivez Mathieu D'Amours sur Twitter, Ustream.tv, YouTube, le site du journal étudiant de l'Université Concordia et son site.

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