POLITIQUE
09/04/2015 02:36 EDT | Actualisé 09/04/2015 05:16 EDT

Le ministre Blais ne veut pas encadrer le droit de grève (VIDÉO)

QUÉBEC _ Le ministre de l'Éducation, François Blais, n'entend pas encadrer le "droit" de grève des étudiants en dépit de l'escalade de la violence à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Le ministre a accordé, jeudi, au recteur Robert Proulx son appui indéfectible dans ses efforts pour faire respecter l'injonction assurant la tenue des cours.

Selon le ministre, le recteur a posé les bons gestes en faisant appel aux forces de l'ordre pour mettre fin à la violence, à l'intimidation et au vandalisme perpétrés mercredi par des manifestants dans l'enceinte de l'établissement.

"Je regarde ce qu'a fait le recteur, il est allé de manière très graduelle, a déclaré M. Blais, dans une conférence de presse au parlement à Québec. (...) À un moment il faut tirer une ligne."

Même si des professeurs et des étudiants réclament la démission de M. Proulx, le ministre souhaite que la communauté universitaire l'appuie, car "la dernière chose dont il a besoin, c'est de se sentir fragilisé dans son autorité, alors qu'il ne demande que ce qui est normal", soit le retour au calme.

Mais à la suggestion du recteur d'encadrer le droit de grève étudiant pour éviter pareils débordements à l'avenir, le ministre répond par la négative et il assure que cet enjeu n'a même pas été abordé lors d'un entretien avec le haut-dirigeant de l'UQAM en matinée.

"L'enjeu, ce n'est même pas le droit de grève, c'est la question de personnes qui entrent cagoulées et qui terrorisent une institution, qui terrorisent les personnes qui sont dans cette institution", a-t-il dit.

"Éventuellement il faudrait qu'il y ait une discussion là-dessus (le droit de grève)", s'est-il ensuite aventuré à dire, pour ensuite faire rapidement marche arrière et se borner à répéter que le gouvernement ne reconnaissait pas le droit de certaines personnes d'en empêcher d'autres d'étudier.

"Je ne nie pas qu'il y ait un débat là-dessus, mais en ce moment, je ne veux vraiment pas ouvrir ce débat-là, a-t-il répété. Ce n'est absolument pas le moment de tenir ce débat. (...) On n'est pas du tout dans l'enjeu du droit de grève ou non."

Pressé de questions à savoir si son gouvernement pourrait légiférer, il a répété qu'il n'allait pas répondre et que cela n'allait rien solutionner d'avancer sur ce terrain. "Le droit à l'éducation, c'est un don que la population fait aux étudiants, en finançant l'éducation. Que certaines personnes refusent ce don, je n'ai aucune difficulté avec ça, mais que ces personnes veulent en empêcher d'autres de recevoir ce don, vous comprenez qu'il y un problème fondamental et nous n'irons pas sur cette loi-là", a-t-il dit.

Du reste, le ministre estime que les individus cagoulés qui ont créé le chaos à l'UQAM ont commis un "affront à la démocratie et à l'État de droit" et "ne méritent pas" d'être considérés comme des étudiants.

Plus d'une vingtaine d'individus impliqués dans les événements de la veille ont été arrêtés et seront accusés, entre autres, de méfait et d'attroupements illégaux.

Le ministre soutient que l'UQAM ne lui a pas demandé de financement pour réparer les dommages causés la nuit dernière.

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