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07/04/2015 11:54 EDT | Actualisé 07/06/2015 01:12 EDT

Mike Duffy accueilli par une horde de caméras au palais de justice

OTTAWA - Mike Duffy, l'animateur de télé devenu sénateur, dont les réclamations de frais contestées ont secoué les fondations du gouvernement conservateur, a plaidé non coupable aux 31 accusations qui pèsent contre lui.Il est arrivé mardi matin, peu avant 10 h, au palais de justice d'Ottawa, pour le premier jour d'un procès fort attendu.Vêtu d'un complet foncé, il n'a pas parlé à la horde de journalistes et de caméras rassemblée autour de lui alors qu'il entrait dans le bâtiment.Son avocat, Donald Bayne, a affirmé que tout ce qui devrait être dit le sera en cour.Le procès, qui devrait durer plus de 40 jours, donnera à M. Duffy la chance de s'expliquer et de tenter d'être acquitté des 31 accusations de fraude, d'abus de confiance et de corruption qui pèsent sur lui depuis qu'ont été découvertes des irrégularités dans les remboursements de ses dépenses sénatoriales.Le préambule de ce procès qui précède les élections fédérales prévues à l'automne 2015 a commencé à l'aube devant le palais de justice.Depuis le début, dès que ses dépenses ont fait l'objet de questions il y a deux ans, M. Duffy a nié avoir mal agi.Mais ce n'est pas uniquement la réputation de Mike Duffy qui est en jeu.Bien que les enquêteurs de police aient soulevé des questions sur les réclamations de frais de subsistance et de déplacements de l'ancien animateur de télé lorsqu'il agissait comme sénateur, la crédibilité du Parti conservateur du Canada et certains joueurs-clé du bureau du premier ministre ont aussi été éclaboussés.Au centre des allégations de corruption se trouve Nigel Wright, l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper.Il a démissionné après qu'il fut révélé par des journalistes qu'il avait fait un chèque de 90 000 $ pour repayer les dépenses réclamées par Mike Duffy depuis son accession à la Chambre Haute.La GRC a affirmé ne pas avoir de preuve pour déposer des accusations criminelles contre Nigel Wright, qui a toujours maintenu avoir agi dans l'intérêt du public, et que son but était «d'assurer le repaiement de l'argent des contribuables».M. Duffy a été nommé sénateur par les conservateurs pour représenter l'Île-du-Prince-Édouard, là où lui et sa femme possèdent une résidence.Les sénateurs et les députés peuvent réclamer jusqu'à 22 000 $ pour couvrir leurs frais reliés au maintien d'une résidence à Ottawa pour y remplir leurs fonctions parlementaires, s'ils habitent à plus de 100 kilomètres à l'extérieur de la capitale nationale.Une question centrale au procès sera donc de déterminer quelle était la résidence principale de M. Duffy: l'Île du Prince-Édouard ou Ottawa, où il travaillait et habitait depuis les années 1970. Si sa résidence principale était bel et bien Ottawa, il n'avait pas le droit de réclamer tous ces frais de subsistance.Des citoyens surpris qui se présentaient pour leur procès devaient passer le comité d'accueil médiatique où des journalistes faisaient des reportages en direct.Deux salles sont réservées pour le procès de M. Duffy, dont une de débordement où les procédures seront diffusées sur un écran.