NOUVELLES
07/04/2015 09:16 EDT | Actualisé 07/06/2015 05:12 EDT

Les violences au Yémen ont tué au moins 74 enfants, selon l'Unicef

MOHAMMED HUWAIS via Getty Images
A Yemeni boy walks past the rubble of destroyed houses in the village of Bani Matar, 70 kilometers (43 miles) West of Sanaa, on April 4, 2015, a day after it was reportedly hit by an airstrike by the Saudi-led coalition against Shiite Huthi rebel positions. A Saudi-led coalition pounded rebels in southern Yemen and dropped more arms to loyalist fighters as the UN Security Council prepared to discuss calls for 'humanitarian pauses' in the air war. AFP PHOTO / MOHAMMED HUWAIS (Photo credit should read MOHAMMED HUWAIS/AFP/Getty Images)

SANAA, Yémen - La coalition saoudienne a pilonné mardi une installation militaire dans le sud du Yémen, au moment où des tribus locales réussissaient à déloger du secteur les rebelles chiites qui défèrlent sur le pays depuis plusieurs mois, ont indiqué des responsables militaires.

Les combats à Ibb surviennent au moment où l'Unicef prévient que plus de 100 000 personnes ont été chassées de chez elles par les violences. L'agence onusienne ajoute qu'au moins 74 enfants ont été tués depuis que les affrontements se sont intensifiés et que les frappes aériennes ont débuté il y a deux semaines.

Un bénévole médical du district de Maytam, dans la province d'Ibb, a indiqué que des frappes aériennes contre un camp de la Garde républicaine ont blessé au moins 25 militaires. Cette unité est alliée à l'ancien président Ali Abdullah Saleh, qui est lui-même allié aux rebelles houthis.

Des résidents affirment que le camp militaire se trouvait à proximité d'une école. La station de télévision rebelle al-Masirah dit que trois enfants ont été tués par les frappes.

À environ 50 kilomètres au sud du camp, des tribus locales ont affronté des rebelles qui avaient érigé un campement de fortune dans le secteur, chassant les insurgés et s'emparant de leur arsenal, a révélé un résidant sous le couvert de l'anonymat.

Les civils sont frappés de plein fouet par une querelle interne qui s'est depuis métamorphosée en conflit régional qui implique des poids lourds régionaux comme l'Arabie saoudite et l'Iran. L'Unicef dit qu'au moins 74 enfants ont été tués et 44 autres blessés depuis le début des frappes saoudiennes, le 26 mars.

«Ils sont tués, blessés et chassés de chez eux», a dit le représentant de l'Unicef au Yémen, Julien Harneis, dans un communiqué diffusé lundi. Les belligérants ont aussi accéléré leur recrutement de combattants âgés de moins de 18 ans.

Les organisations humanitaires préviennent qu'elles commencent à manquer de ressources. Elles demandent une trêve temporaire pour permettre à des équipes médicales et à des biens médicaux d'entrer au pays. La trêve permettrait aussi aux habitants d'identifier et d'enterrer les morts.

L'Unicef dit que les combats interfèrent avec l'approvisionnement en eau potable dans le sud du pays et que les égouts débordent en plusieurs endroits, ce qui multiplie les risques de maladies. Le réseau d'alimentation en eau a été endommagé à plusieurs reprises à Aden, a dit l'Unicef, qui ajoute qu'elle doit fournir du carburant pour alimenter les pompes.

L'agence onusienne révèle que les hôpitaux peinent à soigner tous les blessés et que certaines installations médicales ont été attaquées. Au moins trois employés du système de santé, dont un ambulancier, ont été tués à Aden et dans une autre ville du sud du pays.

À Genève, une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge, Sitara Jabeen, a dit que 16 tonnes de biens médicaux sont en voie d'être chargées à bord d'un avion à Amman, en Jordanie. L'avion n'attend plus que le feu vert de la coalition saoudienne pour se poser au Yémen.

Ce serait la première aide du CIRC à se rendre jusqu'au Yémen depuis que l'Arabie saoudite a imposé un blocus aérien. Trente-deux autres tonnes de biens sont aussi prêtes à être envoyées au Yémen.

«Si ces biens médicaux ne rejoignent pas le Yémen, alors malheureusement nous craignons que plusieurs autres personnes mourront simplement parce qu'elles n'auront pas été soignées à temps», a dit Mme Jabeen.

Elle a ajouté qu'une équipe chirurgicale attend la permission d'accoster à Aden depuis Djibouti.

Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Galerie photo Attaques de l'EI au Yémen Voyez les images