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07/04/2015 11:32 EDT | Actualisé 07/06/2015 01:12 EDT

Les athlètes professionnels plus enclins à se confier sur Players Tribune

TORONTO - Les relations entre les athlètes et les journalistes sont plus compliquées, et c'est peut-être la raison pour laquelle les athlètes se transforment de plus en plus en journalistes.D'où le nombre grandissant de contributeurs au site Internet qu'a créé Derek Jeter, Players Tribune, une plate-forme pour les «pros de la prose» qui se sentent davantage à l'aise de se livrer à des confidences.Steve Nash a annoncé sa retraite du basketball sur ce site. Le puissant cogneur des Blue Jays de Toronto Jose Bautista a expliqué combien la barrière de la langue peut s'avérer problématique pour ses compatriotes latinos. Le dur à cuire Brandon Prust du Canadien a prêché pour sa paroisse en faisant état de sa psychologie pugilistique qui suscite de vifs débats chez les amateurs.Aucun représentant de l'entreprise en ligne n'a répondu à une demande d'entrevue, mais le directeur éditorial de Players Tribune a confié au journal New York Times que Jeter était très impliqué dans le projet sur une base régulière, lisant «tous les textes».La méthodologie pour chacun des articles est différente — il y a des joueurs qui racontent leur histoire à un reporter, d'autres échangent des textes avec des éditeurs. Dans tous les cas, les joueurs ont le dernier mot.Et, finalement libéré de tout filtre, les joueurs ont généralement le sentiment qu'ils peuvent s'ouvrir davantage.«C'est la différence — ce sont vos propres mots», a mentionné Prust dernièrement dans le vestiaire du Canadien.«Vous pouvez dire ce que vous voulez. Personne n'écrit sa propre version de vos propos en utilisant que quelques citations. Tout sort tout droit de votre bouche. Il n'y aucun ajout. C'est unique de cette façon.»Si Players Tribune est pour les athlètes un nouveau média leur permettant de ventiler, plusieurs l'utilisent afin de régler des comptes avec les médias.Le talentueux joueur des Stars de Dallas, Tyler Seguin, a écrit au sujet des médias de Boston parce qu'ils lui ont forgé une réputation de «jeune immature plus intéressé à faire la fête».L'ancien garde des 76ers de Philadelphie Michael Carter-Williams s'est plaint que les médias se soient acharnés sur le supposément manque d'effort de l'équipe.Jeter a élaboré lui-même quant aux bienfaits de ne pas répondre aux questions des journalistes et, conséquemment, d'éviter toutes distractions.Et dans un article cinglant, le joueur vedette des Red Sox de Bsoton, David Ortiz, a répliqué à un journaliste du Boston Globe qui lui avait laissé entendre qu'il possédait le profil d'un utilisateur de stéroïdes.«Je voulais le tuer, a écrit Ortiz. Mais vous ne pouvez pas réagir. C'est ce qu'ils (les journalistes) veulent.»Avec des modèles comme Russell Westbrook et Marshawn Lynch, plusieurs joueurs commencent à mépriser les médias, en les considérant comme des intrus et des parasites. Même les joueurs qui entretiennent des relations harmonieuses avec les journalistes ressentent une forme de vulnérabilité. Ils craignent qu'on distortionne leurs propos.