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07/04/2015 17:37 EDT | Actualisé 07/06/2015 01:12 EDT

Friction au conseil municipal de Moncton

Le projet de centre multifonctionnel au centre-ville de Moncton n'a pas fini de faire jaser, au contraire, il révèle une certaine dissension au sein des conseillers municipaux.

Un texte de Antoine Trépanier

Dans une rencontre qui aura duré quatre heures, mardi, les conseillers municipaux Daniel Bourgeois et Brian Hicks ont une fois de plus signifié leurs réticences par rapport au projet d'une valeur de 100 millions de dollars.

Le maire de Moncton, George LeBlanc, a dû répondre aux inquiétudes par rapport à la viabilité de ce projet et à la possibilité qu'il se concrétise.

Le conseiller Brian Hicks a fait une virulente sortie plus tôt mardi en disant que « le projet est sur le respirateur artificiel pour quelques années ».

Quelques-uns des conseillers, dont Paulette Thériault et Dawn Arnold, ont parlé en faveur de ce projet en disant qu'il était « important pour le développement économique » de poursuivre les démarches.

Or, les conseillers Hicks et Bourgeois ont martelé que rien n'était garanti et que le projet stagnait depuis trop longtemps. De plus, ils se sont vertement opposés à la demande de l'administration municipale d'autoriser un dépassement budgétaire de 154 093$ pour des services de firmes-conseils pour les travaux réalisés à ce jour et de 150 000$ supplémentaires si le projet va de l'avant.

Le conseiller Bourgeois a même déposé une motion qui invitait la ville, dans un sondage qui doit être mené au printemps, à demander aux résidents « combien seraient-ils prêts à payer en impôts fonciers, annuellement pour une période de 30 ans, afin de financer un complexe de sports et de divertissement » au centre-ville.

« Nous ne savons pas combien les résidents sont prêts à débourser pour ce projet. Si c'est 20$, 100$ ou 200$ par année, au moins nous aurions une idée du pouls de la population. Les gens savent en général ce que représente ce projet », a déclaré M. Bourgeois durant la rencontre.

Dawn Arnold avait préalablement dit qu'elle ne pouvait appuyer la motion, puisque le processus en cours n'a pas amené suffisamment d'informations aux conseillers. Ainsi, elle souhaite, comme plusieurs collègues, avoir les coûts finaux sous la main et les modalités d'une entente entre la ville, la province et le fédéral.

Malaise au sein du conseil

Daniel Bourgeois a ensuite pris à partie la conseillère Dawn Arnold en disant que contrairement à elle, il n'était pas prêt à accepter le projet nonobstant le prix à payer.

Mme Arnold a aussitôt bondi de son siège, soulignant qu'elle « n'avait jamais dit » une telle chose.

« Je crois en ce complexe, mais je ne dirais jamais, jamais que je suis prête à bâtir le complexe, peu importe le prix. Je ne dirais jamais ça », a-t-elle dit après la réunion.

M. Bourgeois a refusé de rencontrer les journalistes après la rencontre.

Le maire de Moncton affirme pour sa part que les débats sont saints au conseil municipal.

« Il y a toujours de la place pour différents points de vue. Vous pouvez le caractériser comme vous le voulez, mais pour moi, je n'entre pas dans ces rencontres en tenant pour acquis que tout le monde a la même opinion », a dit George LeBlanc.