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07/04/2015 15:04 EDT | Actualisé 07/06/2015 01:12 EDT

Début de l'enquête préliminaire pour Gilles Vaillancourt et Tony Accurso

LAVAL, Qc - L'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt, l'entrepreneur Tony Accurso et la majorité de leurs 34 coaccusés en lien avec des dossiers de fraude et de corruption dans l'octroi de contrats municipaux, se sont présentés, mardi au palais de justice de Laval, pour l'ouverture de leur enquête préliminaire, soit près de deux ans après leur arrestation en mai 2013.Trois des accusés, Normand Bédard, Daniel Lavallée et Laval Gagnon, ont annoncé qu'ils renonçaient à la tenue de leur enquête préliminaire et ont été aussitôt cités à procès le 5 juin prochain.Un quatrième accusé, Rosaire Sauriol, ancien vice-président de la firme d'ingénierie Dessau, avait fait de même le 6 mars dernier et était donc absent mardi.«Il y a un certain nombre d'accusés (...) qui ont fait l'admission dès maintenant que, si la preuve était entendue, ils seraient cités sur l'ensemble des accusations», a expliqué le procureur de la Couronne, Me Richard Rougeau.Plusieurs autres accusés étaient absents, certains ayant obtenu une dispense. D'autres, toutefois, croyaient à tort qu'une dispense leur avait été accordée et la juge Marie-Suzanne Lauzon a sommé leurs avocats de les convoquer à la Cour.Quelques autres requêtes du même type ont été présentées, dont une par Tony Accurso, qui a obtenu la permission de ne pas être présent durant l'enquête préliminaire.La Couronne ne s'est aucunement opposée à ces demandes de dispense, Me Rougeau faisant valoir que la preuve ne visera pas chacun des accusés de façon quotidienne. «On tente d'alléger un peu le processus, d'alléger un peu la présence des accusés parce que ça favorise une saine administration de la justice», a-t-il expliqué.L'ampleur de la cause, qui mobilise une quarantaine d'avocats, dont plus d'une trentaine en défense, a forcé un réaménagement de la plus grande salle du palais de justice de Laval, au point où la juge Lauzon a dû permettre aux médias de prendre place dans l'espace habituellement réservé au jury.Malgré la complexité du dossier et une gestion qui risque d'être alourdie par le grand nombre d'intervenants possible, le représentant du ministère public s'est dit confiant de mener le tout à bon port, et ce, dans les délais.«Je pense que le dossier est sur les rails, a déclaré Me Rougeau. Je pense que le dossier est tout à fait aligné pour procéder rapidement et efficacement. On n'est pas à l'abri des surprises; par contre je n'entrevois pas de difficultés particulières.»Si tout devait se dérouler comme le souhaite le ministère public, l'ensemble des accusés devraient être cités à procès le 5 juin.Un premier témoignage a toutefois été reporté à jeudi, afin que l'ensemble des procureurs bénéficient de la journée de mercredi pour prendre connaissance des derniers éléments de preuve fournis par la Couronne. Ce témoignage, ainsi que tous les autres éléments de preuve présentés durant l'enquête préliminaire, ne pourront toutefois être communiqués au public en raison d'une ordonnance de la cour.Huit semaines ont été prévues pour l'enquête préliminaire.«Huit belles longues semaines qui nous attendent», a indiqué Me Rougeau avec le sourire, précisant que la Couronne prévoyait faire entendre cinq témoins «déterminés comme étant les témoins principaux».Avec M. Vaillancourt, un ex-directeur général de la Ville de Laval, Claude Deguise, et un ex-directeur de l'ingénierie municipale, Claude Asselin, font face à des accusations de gangstérisme en plus des multiples chefs de complot, fraude et corruption, notamment, qui visent l'ensemble des suspects.Les trois hommes contestent la citation pour gangstérisme, accusation qui, par ailleurs, oblige leur présence en Cour pour la durée de l'enquête préliminaire.Gilles Vaillancourt a démissionné de son poste de maire le 9 novembre 2012 à l'issue d'un règne incontesté à Laval pendant 23 ans.Un 37e accusé est décédé depuis la tenue de l'opération Honorer de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).