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05/04/2015 16:52 EDT | Actualisé 05/06/2015 01:12 EDT

Syrie: les réfugiés palestiniens quittent leur camp face à l'avancée de l'ÉI

BEYROUTH - Des centaines de réfugiés palestiniens ont quitté leur camp dans la capitale syrienne, dimanche, où les affrontements entre combattants palestiniens et djihadistes du groupe armé État islamique (ÉI) prenaient de l'ampleur, selon des militants de l'opposition syrienne.Le militant Hatem al-Dimashqi, qui réside dans un secteur au sud de Damas, a précisé que plusieurs Palestiniens avaient quitté le camp de Yarmouk durant la nuit, à la faveur d'une accalmie dans les combats. Le camp a déjà été la cible de bombardements et de frappes aériennes intenses des forces gouvernementales.M. Al-Dimashqi et l'Observatoire syrien des droits de l'homme ont indiqué que les réfugiés s'étaient rendus dans les banlieues du sud de Damas, des zones contrôlées par les rebelles syriens.D'après M. Al-Dimashqi et la télévision publique syrienne, jusqu'à 2000 personnes auraient quitté le camp de Yarmouk dimanche. Le militant a précisé que de nombreux déplacés avaient trouvé refuge dans des écoles ou des maisons abandonnées.À Ramallah, en Cisjordanie, le président palestinien Mahmoud Abbas a déploré que ses concitoyens soient victimes de la guerre civile syrienne. Il a ajouté que l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Damas avait constitué une cellule de crise pour gérer la situation et tenter de protéger les civils.Les combattants du groupe armé ÉI ont envahi le camp de réfugiés mercredi, ce qui représente leur incursion la plus profonde à Damas jusqu'à maintenant. Des représentants palestiniens et syriens ont indiqué que les extrémistes avaient mené leur offensive avec la collaboration des combattants de la branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front al-Nosra — qui est pourtant l'ennemi juré de l'ÉI.Dans un communiqué publié dimanche, le Front al-Nosra a réfuté toute participation aux combats, affirmant qu'il restait neutre. Le texte ajoute que le groupe a ouvert ses bureaux à toute personne ne souhaitant pas participer aux combats qui voudrait s'y réfugier.L'Observatoire syrien des droits de l'homme a indiqué qu'au moins 26 personnes avaient été tuées dans les derniers jours à Yarmouk.Dans la bande de Gaza, plusieurs centaines de partisans du Hamas ont organisé une marche dimanche soir dans le camp de réfugiés de Jabaliya pour protester contre la prise de contrôle de certaines parties du camp de Yarmouk par l'ÉI.Un chef local, Mohammed Abu Askar, a laissé entendre devant la foule que le Hamas se vengerait de l'incursion des djihadistes.Le porte-parole du Front populaire de la libération de la Palestine (FPLP) à Damas, Anwar Raja, dont l'organisation soutient le président syrien contesté Bachar el-Assad, a indiqué que plusieurs factions pro-régime s'étaient unies pour défendre le camp. Il a ajouté qu'une centaine de civils avaient été tués ou enlevés par le groupe armé ÉI. Selon M. Raja, les djihadistes contrôlent maintenant environ la moitié du camp. Il a affirmé que la priorité était d'évacuer les civils.D'après les Nations unies, quelque 18 000 civils, dont un grand nombre d'enfants, sont coincés à Yarmouk. Le camp est assiégé par les forces gouvernementales depuis deux ans, ce qui a provoqué une sous-alimentation et des maladies à cause de l'absence d'aide médicale. Le camp a déjà connu d'autres épisodes de violents combats entre les forces gouvernementales et les groupes armés de l'opposition syrienne.