DIVERTISSEMENT
05/04/2015 02:28 EDT | Actualisé 05/04/2015 10:50 EDT

«Les 400 coups» à TVA : méfiez-vous de Philippe Bond et ses invités... (VIDÉO)

Un joueur de tours, Philippe Bond? Parlez-en à ses patrons de NRJ. En cinq ans à la station, l’humoriste est parvenu à transformer leurs bureaux en fermette, en plage et en walk-in féminin débordant de robes et de souliers. Il est même allé jusqu’à condamner une porte et à refaire les joints d’un mur.

Dans sa vie personnelle, Bond ne donne pas non plus sa place lorsque vient le temps de faire damner gentiment ses proches. Par exemple, lorsqu’il était jeune adulte et demeurait à Laval, il avait complètement vidé la résidence d’un ami et avait recréé son décor intérieur dans le rond-point devant chez lui. Les meubles et les électroménagers avaient été placés exactement de la même façon que dans l’environnement initial, mais à l’extérieur. Même les cadres et photos avaient été accrochés aux arbres, pour que tout soit identique.

Autrement dit, Philippe Bond est prêt à se donner beaucoup de mal pour taquiner ceux qu’il aime. C’est dire à quel point le concept des 400 coups, que TVA propulse en ondes demain, était taillé sur mesure pour lui.

À la base, la formule des 400 coups est simple : des caméras cachées et un artiste qui joue des tours à des amis, connus ou pas. Mais on n’a pas lésiné sur les moyens pour rajeunir le procédé déjà maintes fois exploité de la caméra cachée. Les 400 coups, c’est un Surprise sur prise 2.0, au ton des années 2010, ultra dynamique, avec des «mauvais coups» songés, travaillés, réglés au quart de tour, comportant cascades et transformations physiques hallucinantes, qui reposent sur des budgets oscillant entre 50 000$ et 100 000$ chacun et captés par une quinzaine ou une vingtaine de caméras.

Le résultat, amusant et réjouissant, visuellement fort intéressant, très léché, vaut le coup d’œil. Pas besoin d’agiter ses doigts au-dessus d’une boule de cristal pour prédire que Les 400 coups connaîtra un succès certain.

Grand secret

Lorsqu’il a été annoncé que Philippe Bond quittait V pour TVA, l’automne dernier, le plus grand secret régnait sur le style de rendez-vous que l’ex-pilote de Price Is Right et Allume-moi animerait. En pleine campagne de promotion pour son deuxième one man show, dont la première montréalaise avait lieu le 23 octobre, Bond devait tenir sa langue et ne pas craquer devant les journalistes qui le bombardaient de questions à propos de ce nouveau défi. À quoi ressemblerait sa nouvelle émission? Serait-il à la tête d’une nouvelle téléréalité? Allait-il encore faire affaire avec des célibataires en quête de l’âme sœur?

Mais le principal intéressé ne pouvait rien dire. C’est que les tournages des 400 coups étaient sur le point de débuter, à la fin octobre, début novembre, et il ne fallait en aucun cas vendre la mèche à ceux et celles qui allaient se faire piéger dans les jours suivants. Toute l’équipe qui a œuvré à développer Les 400 coups avait mis au point un système de communication codé par courriel, régi par un document intitulé «Les 10 commandements». Les vedettes impliquées dans le processus n’étaient jamais nommées dans les messages, pas plus que les lieux choisis pour filmer ou la nature du leurre qu’on créait.

Le trio de producteurs Nathalie Laberge, Jean-Marc Létourneau et Isabelle Robert, a fondé une nouvelle compagnie, Les trois piégeurs, pour fignoler la série des 400 coups. Jean-Marc Létourneau, qui réalise aussi le tout, et Nathalie Laberge, ont notamment bossé sur Occupation double, Dieu Merci et Fidèles au poste, tandis qu’Isabelle Robert, en plus d’apporter son concours à Occupation double, a coproduit, à l’époque, Surprise sur prise, ainsi que plusieurs autres projets.

Ces trois mousquetaires du petit écran ont veillé au grain, afin qu’aucune information des coulisses des 400 coups ne s’échappent de leurs dossiers.

«On est un peu paranoïaques», rigole Isabelle Robert.

Connaissant son penchant marqué pour la mutinerie, la direction de TVA tenait à ce que ce soit Philippe Bond qui tienne les rênes des 400 coups, pour «son côté gamin, son goût pour le jeu et sa sincérité», fait valoir Suzane Landry, directrice principale de la chaîne.

Comme au cinéma

Vous constaterez rapidement que l’émission porte bien son titre. Dans chaque épisode d’une heure, Philippe Bond reçoit une personnalité et orchestre avec elle quatre mises en scène rocambolesques pour surprendre des gens. Les soixante minutes sont donc à l’image de cette personnalité, on découvre des parcelles de son univers grâce aux pièges qu’elle tend à sa famille et ses amis.

Dans un premier temps, l’invité, maquillé et déguisé jusqu’au bout des ongles, doit s’amener dans un endroit public pour évaluer sa propre notoriété.

Métamorphosé en commis de dépanneur âgé, Charles Lafortune a brandi une fausse une du Journal de Montréal titrant «Charles Lafortune arrêté au volant pour conduite en état d’ébriété» avec, en mortaise, le visage d’une Sophie Prégent atterrée. Belle occasion pour le timonier de La voix de savoir ce que le public pense réellement de lui : «C’était un modèle, mais là, le modèle descend» ; «Il habite dans le coin des riches, le coin des vedettes» ; «La voix marche parce qu’il est là, pas parce que le clown à Éric Lapointe est là», ne sont que quelques-uns des commentaires que Charles devra encaisser sans dire un mot. Jean-François Mercier, lui, a multiplié les entourloupettes pour essayer de vendre une paire de billets pour son propre spectacle dans un magasin, affublé en copie conforme de Marc Hervieux.

Dans des scénarios dignes du septième art, Charles Lafortune s’est payé la tête de sa grande amie Marie-Claude Barrette, en lui imposant une séance avec un photographe très étrange, et a roulé les nerfs en boule de son pote Patrice Bélanger en lui faisant croire que sa voiture était disparue.

Jean-François Mercier, pour sa part, est allé encore plus loin en laissant croire à une collègue qu’il vivait une aventure sexuelle avec la femme de son producteur. On ne peut en dire plus pour ne pas gâcher l’effet de surprise, mais soyez sûrs que vous vous amuserez ferme en visionnant ces 400 coups minutieusement élaborés.

Le premier épisode des 400 coups met en vedette Charles Lafortune. Ensuite, Jean-François Mercier, Jean-Michel Anctil, François Bellefeuille, Anne Casabonne, Mélanie Maynard, Ariane Moffatt, Patricia Paquin, Mario Pelchat, Mario Tessier et Patrick Bruel tenteront de bluffer leur entourage, dans les neuf épisodes suivants.

Les 400 coups, lundi, à 20h, à TVA, dès le 6 avril.

Quelques statistiques sur Les 400 coups

  • Plus de 50 jours de tournage dans plus de 40 lieux différents
  • Une équipe de tournage de plus de 40 personnes (toutes cachées) + une équipe de filature qui surveille les piégés sur plusieurs kilomètres à la ronde
  • Plus d’une quinzaine de caméras de différents modèles (toutes cachées également)
  • Plus d’une quinzaine de micros sans fil
  • Plus d’une trentaine de walkie-talkie
  • Plus de 15 kilomètres de filage (qu’on doit rouler et dérouler tous les jours)
  • Six salles de montage
  • Plus de 120 térabytes de mémoire pour effectuer le montage de la série

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