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05/04/2015 10:36 EDT | Actualisé 05/06/2015 01:12 EDT

Israël en campagne contre l'accord nucléaire entre les États-Unis et l'Iran

JÉRUSALEM - Israël prévoit mener une campagne internationale contre l'accord préliminaire sur le nucléaire iranien conclu entre six grandes puissances et l'Iran. Les autorités du pays ont déjà commencé à dresser une liste d'arguments visant à discréditer l'entente, qui doit être entérinée dans sa version finale le 30 juin.Les six pays participants — les États-Unis, le Royaume Uni, la France, l'Allemagne, la Russie et la Chine — et l'Iran ont signé une entente-cadre jeudi, à Lausanne, en Suisse, visant à freiner la production d'énergie nucléaire dans la République islamique pour au moins une dizaine d'années. En échange, les six puissances lèveront graduellement les sanctions contre l'Iran.Téhéran diminuera le nombre de centrifugeuses, utilisées pour construire des ogives nucléaires. Le pays a aussi accepté de se plier à de nombreuses inspections de ses installations.Mais cela ne suffit pas, selon les Israéliens, qui ont élaboré leur stratégie dans un document obtenu par l'Associated Press.D'abord, les inspections ne seront pas aussi approfondies que le promettent les diplomates, selon eux, puisque l'accord ne force pas explicitement les Iraniens à ouvrir leurs sites «à n'importe quel endroit, à n'importe quel moment». Ils plaident aussi que l'entente est trop peu précise sur ce qu'il adviendra de l'uranium enrichi — utilisé pour fabriquer des bombes nucléaires — que l'Iran a déjà produit. Les négociateurs n'ont pas abordé non plus la possibilité de réimposer des sanctions si l'Iran ne respecte pas ses conditions, ont-ils ajouté.Bien que Téhéran ne puisse pas produire d'uranium enrichi pendant dix ans, il lui est permis d'effectuer, de façon limitée, de la «recherche et du développement» dans ces centrifugeuses, ce qui permettra à l'Iran de s'activer rapidement pour fabriquer une bombe dès que l'entente viendra à échéance, selon Israël.M. Nétanyahou, qui a critiqué vertement l'accord, croit qu'il ne va pas assez loin pour freiner «significativement» le programme nucléaire iranien.