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03/04/2015 09:44 EDT | Actualisé 03/04/2015 09:46 EDT

L'accord sur le nucléaire iranien pique la curiosité des constructeurs automobiles

Harold Cunningham via Getty Images
GENEVA, SWITZERLAND - MARCH 03: The new Peugeot 208 is shown during the 85th International Motor Show on March 3, 2015 in Geneva, Switzerland. The 85th International Motor Show held from the 5th to 15th March 2015 will showcase novelties of the car industry. (Photo by Harold Cunningham/Getty Images)

Les constructeurs automobiles, notamment français, sont « dans les starting-blocks » pour repartir à la conquête de l'Iran, marché rentable et prometteur, même s'ils se montrent encore prudents dans l'attente de la fin concrète des sanctions contre Téhéran.

L'accord conclu jeudi à Lausanne entre Téhéran et les grandes puissances prévoit une levée progressive des lourdes pénalités imposées à la République islamique, si celle-ci respecte ses engagements dans le dossier nucléaire.

Ces sanctions, renforcées en 2012 et 2013, ont eu un effet dévastateur sur l'autrefois florissante industrie automobile iranienne, passée de 1,6 million de voitures produites en 2011 à environ 800.000 en 2013.

Plusieurs grands groupes automobiles, comme le Français PSA Peugeot Citroën ou le Sud-Coréen Hyundai, ont quitté le pays en 2012. Renault, qui importe des pièces détachées assemblées dans son usine de Téhéran pour la « Tondar », version locale de la Dacia Logan, a fortement réduit sa production, ce qui a tiré à la baisse le bénéfice net du groupe en 2013.

Les sanctions ont constitué un coup particulièrement dur pour PSA : l'Iran était son deuxième marché en volume après la France. Fin 2014, alors que certaines sanctions avaient été allégées dans le cadre de l'accord préalable de Genève, PSA avait indiqué avoir mené des « discussions intenses » avec son partenaire historique Irankhodro pour créer une nouvelle coentreprise.

PSA est resté prudent vendredi, un porte-parole expliquant à l'AFP que « nous accueillons favorablement l'orientation positive des discussions, c'est une condition essentielle pour construire notre avenir en Iran avec notre partenaire ».

Un « superbe marché » potentiel

Du côté de Renault, « le groupe réaffirme que l'Iran est un marché stratégique et suit de près l'évolution de la situation diplomatique et des négociations en cours pour être prêt, le cas échéant, à redémarrer à un rythme normal dans le respect de toutes les règlementations applicables », a souligné une porte-parole.

Toyota, premier constructeur mondial en volume, a pour sa part indiqué « ne pas être en mesure de s'exprimer » sur un éventuel retour en Iran dont le Japonais est absent depuis 2010. Un porte-parole a remarqué que « les sanctions sont toujours appliquées, au moins jusqu'en juin ».

Au-delà de ces déclarations, les plus grands constructeurs mondiaux « sont tous dans les starting-blocks, et ils essaient de se préparer pour un éventuel retour à la normale », affirme à l'AFP Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile.

Avec un taux d'équipement inférieur à 100 voitures pour 1.000 habitants, des consommateurs friands de modèles bien équipés et donc rentables, « le potentiel de développement de l'industrie automobile dans ce pays est très important », indique-t-il, en évoquant « un marché qui en tournant bien pourrait aller chercher les deux millions d'unités, pratiquement le niveau de la France ».

En décembre, le ministre iranien de l'Industrie avait même évoqué l'objectif de produire trois millions de voitures en 2020. Le pays impose toutefois des coentreprises sous conditions strictes aux investisseurs étrangers.

« Toutes les planètes sont alignées pour le marché iranien : un potentiel d'immatriculations important, des ventes qui font gagner de l'argent aux constructeurs, et à moyen et long terme les perspectives d'augmentation des ventes sont significatives. C'est pour cela que c'est un marché qui suscite beaucoup de convoitises », développe M. Neuvy.

Potentiellement, « c'est un superbe marché », renchérit Sébastien Amichi, associé du cabinet Roland Berger Startegy Consultants, spécialiste du secteur automobile, notamment iranien. Il estime que 30 % des revenus des ménages iraniens passent dans l'automobile, et que « l'offre n'est pas suffisante par rapport à la demande » à l'heure actuelle, avec des mois d'attente pour les acheteurs.

En outre, opportunité supplémentaire pour les constructeurs tricolores, les Iraniens « sont très francophiles ». « Les Français sont plus que bienvenus, en ayant développé des marques fortes » dans ce pays, selon cet expert.

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