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02/04/2015 08:19 EDT

L'UQAM obtient une injonction contre le blocage de ses locaux

La Cour supérieure du Québec accorde à la direction de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) l'injonction provisoire qu'elle reconnaît afin que ses étudiants puissent assister à leurs cours.

Dans son jugement, le juge Robert Mongeon rappelle que le droit québécois ne reconnait aucune légitimité aux votes de grève des associations étudiantes. Il s'agit selon lui d'un boycottage qui se fait sur une base individuelle.

Il est donc désormais interdit d'empêcher l'accès, la sortie et la libre circulation aux pavillons et immeubles de l'UQAM. L'injonction demandée d'urgence est valable jusqu'au 13 avril.

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) a dénoncé l'interprétation du juge Mongeon. «Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de loi qui encadre la grève que celle-ci est automatiquement illégale ou n'existe pas, bien au contraire», a plaidé sa porte-parole, Camille Godbout.

«Lorsqu'une décision est prise démocratiquement par les assemblées générales, celle-ci doit être respectée. Et on doit arrêter surtout de passer par les pouvoirs des tribunaux en fait pour contourner ces décisions-là», a-t-elle poursuivi.

Rappelons que plus tôt cette semaine, des manifestants avaient empêché quelque 14 000 étudiants de l'École des sciences de la gestion (ESG) d'assister à leurs cours, bien qu'ils ne soient pas en grève.

En cour, le procureur de l'UQAM a déposé une déclaration sous serment comprenant des preuves documentaires et vidéo. L'UQAM a plaidé que le campus montréalais de l'établissement avait été le théâtre de scènes de vandalisme, d'intimidation et de violence. Selon la direction, des manifestants avaient cadenassé des portes de ses immeubles empêchant des étudiants d'entrer, mais en séquestrant d'autres à l'intérieur de l'immeuble.

L'UQAM avait plaidé l'urgence d'agir dans le contexte actuel.

Une intensification du conflit

La direction de l'UQAM avait durci le ton à la suite du blocage des accès à ses salles de classe. La direction de l'établissement avait mentionné qu'elle prendrait tous les moyens nécessaires pour permettre le libre accès aux classes.

Dans cette foulée, le ministre de l'Éducation, François Blais, a amené l'idée que les universités pourraient, le cas échéant, utiliser les moyens dont ils disposent pour imposer des sanctions aux étudiants en grève.

Mardi, sur les ondes d'une radio de Québec, M. Blais y est allé de cette déclaration : «J'ai dit aux recteurs : "vous avez les moyens d'agir. Prenez des mesures, des sanctions, ne serait-ce que deux ou deux trois étudiants par jour qui vont beaucoup trop loin, qui exagèrent." [...] Ça peut aller jusqu'à l'expulsion.»

Le lendemain, le ministre a nuancé ses propos, expliquant qu'il voulait encourager les recteurs à utiliser les moyens qu'ils ont «quand certains dépassent les bornes par rapport aux biens ou aux personnes». Le but, dit-il, est de montrer qu'ils sont « en contrôle de la situation ».

M. Blais favorise une gradation des sanctions, en commençant par un avertissement. «L'expulsion, c'est lors de situation assez limite, notamment avec de la violence.»

Contre la grève, mais pour l'exercice de pressions sur Québec

Les étudiants de l'ESG ayant voté en majorité contre la grève, plusieurs d'entre eux ont été choqués de se voir incapables d'aller à leurs cours. Des altercations entre étudiants aux visées opposées ont été rapportées par plusieurs médias.

Mais, bien qu'opposée à la grève, l'Association des étudiants de l'ESG ne souhaite pas une judiciarisation du conflit et critique l'institution pour son inaction dans le dossier des compressions budgétaires imposées par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. «Ce n'est pas normal que l'UQAM brille par son absence dans le débat sur les coupes à [l'université]», soutient le porte-parole de l'association étudiante, Gabriel Boileau.

«C'est 20,4 millions de dollars qui vont être coupés l'année prochaine à l'UQAM.»

— Gabriel Boileau

«C'est des classes avec plus d'étudiants, il va y avoir des fusions de direction de départements, poursuit M. Boileau. C'est moins de services aux étudiants.»

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