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02/04/2015 04:48 EDT | Actualisé 02/06/2015 01:12 EDT

Tuerie et prise d'otages en cours dans une université kényane

Des islamistes somaliens d'Al-Shabab ont pris d'assaut une université de l'est du Kenya, jeudi matin, tuant au moins 14 personnes et en blessant 65 autres, avant de se retrancher dans un dortoir de l'institution, où ils détiennent un nombre indéterminé d'otages.

« Le Kenya est en guerre avec la Somalie [...]. Nos hommes sont encore à l'intérieur et se battent. Leur mission est de tuer ceux qui sont contre les Shabab », a déclaré par téléphone à l'AFP un porte-parole du groupe islamiste, Cheikh Ali Mohamud Rage, revendiquant l'opération.

« Quand nos hommes sont arrivés, ils ont relâché [...] les musulmans [...]. Nous détenons les autres en otages », a-t-il ajouté. Un membre des forces de l'ordre interrogé sur place confirme que les assaillants, en nombre inconnu, détiennent « beaucoup » d'otages, sans être plus précis.

La police a maintenant cerné le campus de l'université, qui se trouve à environ 150 kilomètres à l'ouest de la frontière somalienne, et des militaires ont pris position sur le site. Un policier affirme que des islamistes sont postés sur les toits, empêchant les forces de l'ordre d'y pénétrer.

Selon la Croix-Rouge, le bâtiment dont les assaillants ont pris le contrôle abrite des chambres d'étudiants. Elle affirme qu'une « cinquantaine d'étudiants ont été libérés », mais qu'un « nombre indéterminé d'étudiants » sont toujours en otage ». Un membre des forces de l'ordre admet qu'il y en a « beaucoup ».

Le ministère kényan de l'Intérieur affirme sur Twitter que « trois des quatre bâtiments » de la résidence universitaire ont été « évacués », sans autre détail. « Les assaillants sont retranchés dans l'un des bâtiments et les opérations continuent » pour reprendre le contrôle du campus, a-t-il poursuivi.

Selon le chef de la police kényane, Joseph Boinnet, « les assaillants sont entrés de force dans l'université de Garissa en tirant sur les vigiles surveillant le portail d'entrée vers 5 h 30 » (22 h 30, mercredi, HAE) et ont ensuite « ouvert le feu aveuglément à l'intérieur du campus » avant de pénétrer dans les résidences » universitaires, a expliqué, dans un communiqué.

Le ministre kenyan de l'Intérieur Joseph Nkaissery a fait savoir que 280 des 815 étudiants de l'université ont pu être dénombrés jusqu'ici. « Des efforts sont en cours pour retracer les autres », a-t-il indiqué sur son compte Twitter, en utilisant le mot-clic qui permet de suivre le drame, #GarissaAttack.

Depuis que le Kenya est intervenu militairement en Somalie, en 2011, pour soutenir le gouvernement, les islamistes d'Al-Shabab ont commis plusieurs attentats en sol kenyan, notamment à Garissa et à Nairobi.

Il ont notamment revendiqué la prise d'otages qui a fait 67 morts en septembre 2013 dans un centre commercial de la capitale, ainsi qu'une série de raids sanglants contre des villages de la côte kenyane en juin-juillet 2014 qui se sont soldés par l'exécution d'au moins 96 personnes. 

Selon une étudiante d'une faculté voisine de celle de l'University College, interrogée par Reuters, les autorités avaient évoqué un risque d'attentat avant l'attaque. « Des étrangers avaient été repérés à Garissa et on les soupçonnait d'être des terroristes », a-t-elle dit.

Le président Uhuru Kenyatta a prévu de s'adresser à la nation dans la journée. Mercredi, il avait déclaré que « le Kenya est aussi sûr que n'importe quel autre pays dans le monde » après que le gouvernement britannique eut lancé une nouvelle mise en garde à ses ressortissants dans le pays.