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02/04/2015 07:28 EDT | Actualisé 02/06/2015 01:12 EDT

Profs et étudiants unis pour manifester contre l'austérité

Sans convention collective depuis près de deux ans, les professeurs de l'UQAM ont décidé de rejoindre leurs étudiants dans la rue et de se rendre à la grande manifestation contre les politiques d'austérité du gouvernement québécois de Philippe Couillard.

Organisée par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), la manifestation du 2 avril est encerclée sur le calendrier de plusieurs étudiants de la province depuis plusieurs semaines. Des milliers d'étudiants en grève pour dénoncer les politiques d'austérité du gouvernement et l'exploitation des hydrocarbures sont attendus au grand rassemblement.

Après avoir tenu une manifestation locale aux abords de l'UQAM, les professeurs iront grossir les rangs des manifestants antiaustérité au centre-ville de Montréal.

La présidente du syndicat des professeurs de l'UQAM, Michèle Nevert, déplore la lenteur des négociations avec la direction de l'établissement. Elle dénonce notamment la position de la direction qui refuse d'aborder les questions financières sous prétexte du contexte de compressions budgétaires imposées par le gouvernement provincial.

« Ce que le recteur de l'université est en train de faire, c'est de suivre la politique gouvernementale d'appliquer des compressions budgétaires dans les universités », a déclaré Mme Nevert en entrevue à ICI RDI.

Mme Nevert dénonce la volte-face du recteur, qui soutenait auparavant qu'il fallait augmenter le corps professoral, tient désormais un discours diamétralement opposé. Il prône maintenant une diminution du corps professoral et une augmentation du nombre d'étudiants par classe, selon Mme Nevert.

La loi et l'ordre

À Québec, le gouvernement a invité les manifestants à s'exécuter dans les limites prescrites par la loi. « Je pense qu'à partir du moment où tout le monde va respecter les règles - et les manifestants et les policiers - on pourra voir des manifestations qui vont se dérouler pacifiquement », a déclaré la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault.

« On a le droit d'exprimer des points de vue ici au Québec, c'est reconnu, j'en suis, je suis pour les manifestations, à partir du moment où elles sont pacifiques et qu'elles respectent les règles qui sont en cours », poursuit la ministre.

De son côté, le premier ministre Couillard a remis en question la notion de grève étudiante. « Ça n'a rien à voir avec une grève, a-t-il soutenu à la sortie du caucus de son parti. « Le concept de grève à l'école, je trouve ça assez particulier. On offre un service public, d'ailleurs largement soutenu par les contribuables, certains décident de ne pas recevoir le service. C'est ce qu'on voit. »

La grande manifestation est prévue pour 13 h au Square Victoria, à Montréal.

Quelque 40 000 tiennent une grève de deux semaines qui doit culminer avec la grande manifestation de cet après-midi. Contrairement aux manifestations de 2012 qui portaient sur la hausse des droits de scolarité, les étudiants dénoncent cette année les mesures d'austérité du gouvernement Couillard et l'exploitation des hydrocarbures.