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02/04/2015 15:21 EDT | Actualisé 02/06/2015 01:12 EDT

Grande manifestation contre l'austérité au centre-ville de Montréal

MONTRÉAL - Plusieurs milliers de personnes ont manifesté pacifiquement, jeudi au centre-ville de Montréal, pour protester contre les politiques d'austérité du gouvernement Couillard.Les marcheurs se sont d'abord réunis au Square Victoria, à 13h, et la marche s'est mise en branle vers 13h30. Tout s'est déroulé dans le calme, sous haute surveillance policière. Vers 15h, un contingent a mis fin à sa marche au parc Émilie-Gamelin, juste à côté de l'Université du Québec à Montréal, mais un autre contingent a poursuivi sa marche... avant de revenir vers le parc.Groupes sociaux, syndicaux, étudiants et représentants de partis politiques s'entremêlaient pour protester contre les compressions budgétaires actuelles et appréhendées à la suite du dernier budget Leitao. Ils arrivaient de partout par autobus scolaires, à pied, en groupes, de Rimouski, de Lévis. Le syndicat des professeurs de l'UQAM, en grève pour la journée, a fait savoir qu'il participait à la manifestation. Des représentants de l'Association des pompiers de Montréal participaient également à la marche, des employés d'hôpitaux, des fonctionnaires, des militants pour le logement social.Sur des pancartes, on pouvait lire «refusons l'austérité», «vous n'aurez pas notre peau», «ça suffit les coupures» ou «des alternatives existent». Une banderole a été déroulée sur laquelle on pouvait lire «des mêmes attaques naissent les mêmes luttes» et, sur une autre: «aux riches de faire leur part». Un drapeau du Québec avait été éclaboussé de peinture rouge. Plusieurs jeunes manifestants avaient d'ailleurs peint leur visage en rouge ou en noir.Les marcheurs protestaient notamment contre le fait que le dernier budget Leitao n'a haussé le budget des ministères de l'Éducation et de la Santé que de 0,2 et 1,4 pour cent respectivement, ce qui entraînera inévitablement d'autres compressions, même après l'atteinte de l'équilibre budgétaire, puisque ces augmentations ne permettent pas de couvrir les hausses normales de la croissance des coûts dans ces ministères.Les policiers étaient nombreux; un hélicoptère survolait la scène. Ils se sont servis de leurs véhicules et de leurs vélos pour diriger les manifestants et leur barrer certaines rues ou protéger certains édifices plus stratégiques.Tout au long de la marche, des responsables d'édifices à bureaux déployaient leur service de sécurité et verrouillaient leurs portes, par mesure de sécurité.Au cours d'un point de presse avant le début de la marche, la présidente de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), Camille Godbout, a affirmé que 135 000 étudiants étaient actuellement en grève contre l'austérité et les hydrocarbures. «Cent trente-cinq mille étudiants en grève, ce n'est pas rien; on veut le forcer à réagir (le gouvernement)», a-t-elle lancé.Elle a promis de «continuer d'augmenter la pression de plus en plus» jusqu'à ce que le gouvernement révise ses politiques d'austérité. «On va continuer de se mobiliser», a-t-elle prévenu.Dans le milieu de l'éducation, ces compressions signifient des heures de bibliothèque en moins, davantage d'étudiants dans les salles de cours, moins d'aide psychologique, a déploré la représentante étudiante. Le gouvernement «a les moyens de faire autrement», notamment en taxant davantage les banques et le capital, a suggéré Mme Godbout.L'ASSÉ a noté qu'elle n'avait pas donné l'itinéraire à l'avance au Service de police de la ville de Montréal, bien que cela contrevienne au règlement municipal encadrant les manifestations. Les policiers ont tout de même été tolérants. L'ASSÉ affirme qu'ils étaient 75 000 à manifester.