NOUVELLES
02/04/2015 13:31 EDT | Actualisé 02/06/2015 01:12 EDT

Écrasement dans les Alpes: la deuxième boîte noire est retrouvée

BERLIN - La deuxième boîte noire du Airbus qui s'est écrasé dans les Alpes la semaine dernière a été retrouvée, ont révélé jeudi les procureurs français.Le procureur de Marseille, Brice Robin, a prévenu que l'enregistreur est «complètement calciné» et qu'il a été retrouvé dans un ravin qui avait déjà été fouillé à plusieurs reprises. Il pourrait néanmoins être possible d'en tirer des données.La deuxième boîte noire est l'enregistreur de données de vol et contient 25 heures de données provenant d'une multitude d'instruments.M. Robin a ajouté que les enquêteurs ont identifié les restes des 150 personnes à bord, après avoir retrouvé 2854 débris humains. Il a ensuite déclaré qu'il faudra beaucoup de temps pour associer ces restes aux échantillons d'ADN fournis par les familles.De leur côté, les procureurs allemands ont fait savoir que le copilote qui était aux commandes de l'avion au moment de la tragédie, Andreas Lubitz, semble s'être renseigné au sujet du suicide et de la sécurité des portes des postes de pilotage quelques jours avant l'écrasement.Les procureurs de Düsseldorf ont dit jeudi que les enquêteurs ont mis la main sur une tablette électronique à l'appartement de Lubitz. Ils disent avoir été en mesure de reconstituer les recherches effectuées entre les 16 et 23 mars.Les enquêteurs croient que l'homme de 27 ans a embarré le commandant de l'avion à l'extérieur du poste de pilotage, le 24 mars, avant de provoquer l'écrasement, tuant 150 personnes.Le porte-parole des procureurs allemands, Ralf Herrenbrueck, a révélé par voie de communiqué que Lubitz a effectué des recherches sur les méthodes de suicide et les traitements médicaux. Il s'est aussi renseigné à au moins une reprise sur les portes de postes de pilotage et leur sécurité.Au moins 40 téléphones cellulaires ont retrouvés parmi les décombres de l'avion, a dit M. Robin, mais ils sont «très, très endommagés». Un journaliste français qui prétend avoir vu des images tournées par un téléphone fait état de «cris et de cris» insupportables quelques instants avant l'écrasement.Aucun enregistrement audio ou vidéo effectué par les téléphones des passagers n'a été rendu public. Jeudi, le lieutenant-colonel Jean-Marc Menichini a dit que les secouristes ont récupéré des téléphones mais qu'ils n'ont pas encore été analysés. Il n'a pas voulu fournir plus de détails.Le journaliste français Frédéric Helbert, du magazine français Paris Match, prétend avoir vu des images grâce à l'aide d'un individu proche de l'enquête, mais qu'il n'en a pas une copie lui-même. Le magazine a choisi de ne pas rendre la vidéo publique, a-t-il dit, «parce qu'elle n'est d'aucune utilité pour l'enquête mais elle pourrait être terrible pour les familles».La vidéo a été tournée depuis l'arrière de l'avion, poursuit-il, donc «on ne peut pas voir les visages (des passagers), mais on peut les entendre crier et crier».«Personne ne bouge ou ne se lève, a dit M. Helbert à l'Associated Press, à Paris. Ce qui était horrible, ce qui est gravé dans ma mémoire, c'est le son. Les gens comprenaient que quelque chose d'horrible allait se produire.»Le transporteur à rabais Germanwings, pendant ce temps, a admis jeudi qu'il ne savait rien des antécédents dépressifs graves de Lubitz. La société-mère de Germanwings, Lufthansa, avait pourtant été informée des problèmes de santé du copilote.L'Allemagne a enfin annoncé la formation d'un groupe de travail pour analyser la catastrophe, les mesures de sécurité et les examens de santé exigés des pilotes.