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02/04/2015 10:12 EDT | Actualisé 02/04/2015 11:23 EDT

Crash A320: découverte de la seconde boîte noire

ASSOCIATED PRESS
Rescue workers work at the Germanwings passenger plane crash site near Seyne-les-Alpes, France, Thursday, March 26, 2015. This week's air crash of a German airliner into a rugged mountainside was a deliberate act of the co-pilot, according to reports from James Hall, a former chairman of the National Transportation Safety Board. (AP Photo/Laurent Cipriani)

Les enquêteurs français ont annoncé jeudi avoir retrouvé la deuxième boite noire de l'Airbus A320 de Germanwings (150 morts) tandis que la justice allemande révélait que le copilote de l'avion, accusé de l'avoir précipité contre une montagne des Alpes françaises, avait effectué des recherches sur le suicide sur internet.

Andreas Lubitz s'était aussi intéressé aux portes blindées des cockpits, selon la justice allemande, qui a précisé se baser sur l'historique des recherches réalisées par le copilote entre le 16 et le 23 mars sur une tablette saisie lors d'une perquisition dans l'un de ses domiciles.

Il s'est "informé sur les manières de se suicider" ainsi que sur "les portes de cockpit et leurs mesures de sécurité", a indiqué dans un communiqué le parquet de Düsseldorf (ouest), en charge de la partie allemande de l'enquête.

"La deuxième boîte noire (D.F.D.R., Digital Flight Data Recorder) vient d'être retrouvée par les enquêteurs sur le site de l’écrasement", a déclaré dans un communiqué le procureur chargé de l'enquête judiciaire en France, Brice Robin.

Le procureur devait tenir une conférence de presse à 13h (heure de Montréal) à Marseille.

Cette boite noire contient les données relatives au vol de l'appareil entre Barcelone (Espagne) et Düsseldorf (Allemagne). La première boite noire qui renfermait les enregistrements des sons et conversations dans le cockpit avait été retrouvée peu après l’écrasement.

Son analyse avait conduit à suspecter le copilote, Andreas Lubitz, 27 ans, de s'être enfermé dans la cabine de pilotage et d'avoir sciemment précipité l'Airbus contre une montagne dans le sud des Alpes françaises.

Mercredi, le PDG de Lufthansa était venu près des lieux de la catastrophe pour promettre une aide continue aux familles des victimes.

"Je donne ma parole aux victimes, notre aide ne va pas s'arrêter cette semaine. Nous continuerons d'apporter notre aide tant qu'elle sera nécessaire", avait assuré le patron de Lufthansa, Carsten Spohr.

Le responsable allemand se tient sur la défensive depuis les révélations des antécédents psychiatriques du copilote.

La catastrophe aérienne, l'une des pires qu'ait connues la France, a poussé de nombreuses compagnies aériennes dans le monde à instaurer une obligation de laisser en permanence lors d'un vol au moins deux personnes dans la cabine de pilotage.

Récupération des effets personnels

Le PDG du groupe Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a annoncé jeudi que deux personnes seront désormais en permanence dans les cockpits des avions de ces compagnies, comme l'a recommandé l'Agence européenne de sécurité aérienne après l’écrasement de l'A320 de la Germanwings.

Le groupe franco-néerlandais, numéro deux du transport aérien européen derrière la Lufthansa allemande, maison mère de Germanwings, applique la mesure depuis mercredi matin "sur l'ensemble de (sa) flotte", a-t-il déclaré.

Elle est toutefois appliquée uniquement "à titre conservatoire en attendant les résultats de l'enquête en cours sur l'accident du vol 9525 de Germanwings", a précisé la direction d'Air France-KLM à l'AFP.

Mardi, la gendarmerie française avait indiqué qu'il n'y avait "plus de corps sur la zone de l’écrasement" et que l'évacuation de ces derniers était terminée. Le travail des équipes consistera désormais à "récupérer les effets personnels" des passagers, avait-elle précisé.

Les autorités françaises ont promis une identification rapide des restes des victimes sur la base de leur ADN.

En Allemagne, Lufthansa a affirmé avoir transmis au parquet de Düsseldorf des "documents supplémentaires" confirmant que le copilote, Andreas Lubitz, avait informé en 2009 l'école de pilotage de l'entreprise qu'il avait connu un "épisode dépressif sévère".

Jusqu'à présent, Lufthansa avait affirmé que cet homme de 27 ans avait interrompu sa formation pendant "plusieurs mois" voici six ans. Mais M. Spohr avait déclaré ne pas avoir le droit de révéler les raisons de cette interruption.

Pour faire face aux probables demandes de dommages et intérêts des familles, le consortium d'assureurs conduit par le géant allemand Allianz a mis de côté 300 millions de dollars, selon Lufthansa.

Même s'il était prouvé qu'Andreas Lubitz a volontairement provoqué le drame, cela ne changerait rien aux indemnisations auxquelles les proches des victimes ont droit, selon des spécialistes du secteur.

Le nombre de ressortissants allemands tués dans l’écrasement a été revu à la baisse, passant de 75 à 72, a annoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères.

Outre ces Allemands, figurent parmi les victimes une cinquantaine de personnes de nationalité espagnole. Au total, près d'une vingtaine de nationalités étaient représentées dans l'avion.

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