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01/04/2015 06:04 EDT | Actualisé 01/06/2015 05:12 EDT

Une manifestation dénonce l'impact des politiques d'austérité sur la vie des femmes

Mohamed Kadri/Newzulu/CP

MONTRÉAL - Quelques milliers de manifestants ont défilé dans les rues du Mile End, du Plateau Mont-Royal et du Centre-Ville, mardi soir pour dénoncer l'impact des politiques d'austérité du gouvernement libéral sur la vie des femmes et exiger qu'en aucun cas l'accès à l'avortement ne soit restreint, malgré le contexte budgétaire actuel.

Comme à l'accoutumée, la manifestation a rapidement été déclarée illégale par le Service de police de Montréal (SPVM) parce qu'aucun itinéraire ne lui avait été remis. Elle a toutefois été tolérée tout au long de la soirée.

Les manifestants, qui s'étaient donné rendez-vous au parc Lahaie, sur le Plateau Mont-Royal, ont emprunté dans un premier temps le boulevard Saint-Joseph vers l'ouest. Ils ont ensuite bifurqué sur l'avenue du Parc vers le sud. Ils ont marché dans des rues du Mile End, du Plateau Mont-Royal et du Centre-Ville. L'atmosphère a été bon enfant tout au long de la marche.

La manifestation a été organisée après qu'un document de travail eut été rendu public dans lequel il était affirmé qu'un quota de 504 avortements par médecin serait imposé et que les interruptions de grossesses volontaires ne seraient plus considérées comme des activités médicales prioritaires.

Ces informations ont depuis été démenties avec vigueur par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a assuré que le projet de loi 20 n'allait aucunement restreindre l'accès libre et gratuit à l'avortement. Un quota existera, mais il ne sera pas de 504, mais plutôt du double, avait-il laissé savoir. Il avait admis que des clarifications devront être apportées sur la question de l'avortement dans le projet de loi.Les manifestantes qui se sont fait entendre mardi soir disaient n'avoir aucune foi en M. Barrette.

Sur la page Facebook de la manifestation, les organisatrices soutenaient que le projet de loi 20 s'attaque directement au droit des femmes de disposer de leur corps. Elles affirment que ce sont les femmes qui sont les premières pénalisées par les compressions de l'État.Contrairement à l'habitude, les manifestants n'ont pas commencé leur marche au parc Émilie-Gamelin. Le parc Lahaie a plutôt été choisi comme point de ralliement afin de faire un pied de nez aux manifestations contre l'avortement qui se sont déjà déroulées à cet endroit par le passé.

Plusieurs participants brandissaient en début de soirée des cintres en référence aux outils utilisés lors de certains avortements clandestins.

«L'avortement selon Barrette», lisait-on sur certains panneaux les accompagnant. D'autres agitaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Barrette, sors de mes bobettes», «Touche pas à mon IVG» et «Plus jamais».

«Barrette va couper partout où il peut. Et je crois qu'on profitera du fait que l'avortement est tabou pour faire des compressions», a dit craindre une manifestante, Marie-Lyne Hébert.

De nombreux manifestants ont aussi fait référence aux incidents de la semaine dernière à l'Assemblée nationale alors que les députés péquistes ont accusé le ministre Barrette d'avoir imité le bruit d'une poule alors que l'une des leurs, Agnès Maltais, parlait. Par exemple, certains avaient dessiné le corps d'une poule auquel avait été collée la tête du ministre sur une pancarte.

Des slogans comme «Manif féministe, les hommes derrière!» ont été scandés tout au long du parcours.Quelques instants avant le début de la marche, des policiers ont intercepté un manifestant pour l'éloigner du groupe. Selon le SPVM, il «brandissait un bâton».En fin de soirée, le service de police a confirmé qu'aucune arrestation n'a été menée pendant la soirée et qu'aucun dégât n'était à rapporter.

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