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01/04/2015 08:14 EDT | Actualisé 01/04/2015 08:21 EDT

Le secteur du drone québécois rate son décollage

La Presse Canadienne

Le secteur québécois du drone, qui fait partie d'une des industries « stratégiques » de la province, accuse un retard significatif par rapport au reste du Canada, selon Marc Moffatt, le directeur général du Centre d'excellence sur les drones à Alma. Les chiffres obtenus par Radio-Canada abondent dans ce sens.

Un reportage de Bahador Zabihiyan

Les drones et les technologies qui servent à les faire voler se démocratisent. Si certains s'en servent pour le loisir, beaucoup y voient des occasions d'affaires. Selon M. Moffatt, les entreprises québécoises peuvent profiter de cette manne dans un avenir proche, mais Québec ne les soutient pas assez.

«Le Québec dort sur la switch [...] Je trouve qu'on manque une opportunité», déplore-t-il en entrevue téléphonique avec Radio-Canada.

Un vol commercial de drone nécessite une autorisation de Transport Canada, appelée un «certificat d'opérations aériennes spécialisées» (COAS). Or, le Québec est la région canadienne qui en a eu le moins en 2013 et en 2014, selon les chiffres obtenus par Radio-Canada.

L'année dernière, 127 certificats ont été émis pour le Québec. C'est bien peu comparé à l'Ontario, où le nombre de certificats émis a été de 734. En 2013, le Québec a obtenu 120 certificats, alors que l'Ontario en obtenait 309. Ces chiffres de Transports Canada montrent que le secteur du drone québécois n'est pas dynamique, car les entreprises de la province font voler beaucoup moins de drones que celles du reste du Canada, selon M. Moffatt.

Il tire la sonnette d'alarme, en regardant les données de Transports Canada. «Au Québec, ce n'est vraiment pas beaucoup. C'est surprenant, c'est alarmant de voir que l'Ontario se démène comme ça [...]. On essaye de rejoindre le gouvernement du Québec. Il faut engager le domaine aérospatial québécois dans ces démarches parce que là, on se fait dépasser, et de loin, par l'Ontario», dit-il.

Un «drone» désigne tout véhicule pouvant être utilisé sur des surfaces ou dans l'air sans personne à bord pour le commander, et dont les dimensions, la forme, la vitesse peuvent varier. Il peut s'agir d'un modèle réduit d'aéronef acheté dans un commerce, d'un mini-hélicoptère utilisé par certains corps de police ou d'un aéronef de grandes dimensions envoyé en zone de guerre. (Source : Commissariat à la protection de la vie privée du Canada)

Du côté du ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, on indique que «l'industrie des drones fait partie du secteur aérospatial, l'un des secteurs industriels stratégiques du gouvernement du Québec». À ce titre, «les entrepreneurs de cette industrie ont accès au même accompagnement et aux mêmes programmes d'aide que les autres acteurs du secteur aérospatial», indique par courriel Jean-Pierre d'Auteuil, le porte-parole du ministère.

M. d'Auteuil précise que son ministère «est en contact continu avec plusieurs entreprises et organismes de l'industrie québécoise des drones, dont le Centre d'excellence sur les drones d'Alma», pour «s'assurer que les entreprises de cette filière ont tous les outils nécessaires afin de développer leurs activités».

Le constat de M. Moffatt est à l'opposé de celui du ministère. «Au Québec, il n'y a rien [...] À ce jour, il n'y a vraiment pas d'intérêt du gouvernement québécois », dit-il.

Les entreprises du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta ont obtenu en tout 354 certificats en 2014.

Selon M. Moffatt, Québec ne soutient pas assez ses entreprises qui veulent se développer dans le domaine du drone, lors des salons internationaux. «Le gouvernement albertain soutient sa grappe aéronautique dans ce genre d'évènement là, ils ont des kiosques et tout, ils font de la promotion», dit-il.

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