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01/04/2015 08:26 EDT | Actualisé 01/04/2015 08:28 EDT

Les rebelles en Syrie contrôlent de facto la frontière avec la Jordanie

Virginie Nguyen Hoang/AP
Free Syrian Army fighters walk amid the ruins of a village situated a short distance from an area where fighting between rebels and government forces continues, Saturday, Dec. 22, 2012. (AP Photo/Virginie Nguyen Hoang)

Les rebelles en Syrie ont chassé mercredi les forces du régime du dernier poste frontalier avec la Jordanie, prenant de facto le contrôle de la frontière entre les deux pays, selon une ONG.

Ailleurs dans le pays en guerre depuis plus de quatre ans, le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a pénétré pour la première fois à Damas, un fief du régime de Bachar al-Assad, en s'emparant d'une grande partie du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk.

Dans une nouvelle victoire en une semaine face au régime sur le front sud, des groupes rebelles islamistes et modérés ont pris le passage frontalier de Nassib, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une source de sécurité a confirmé que "l'armée syrienne s'est retirée" du poste qui a été fermé du côté jordanien en raison des combats.

L'assaut pour le prendre avait commencé mardi. La branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front Al-Nosra, s'est jointe à la bataille mercredi, selon l'OSDH.

"Il n'y a plus de présence gouvernementale syrienne à la frontière jordanienne", a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Nassib était le seul poste frontalier avec la Jordanie resté sous contrôle loyaliste, après la capture d'un premier point de passage, Al-Jamarek, en octobre 2013.

C'est par le poste Nassib, appelé Jaber du côté jordanien, que transitent les marchandises produites dans le secteur gouvernemental, à destination de la Jordanie puis du Golfe.

L'EI au camp de Yarmouk

La zone frontalière avec la Jordanie, située dans la province de Deraa - berceau de la révolte contre le régime Assad en mars 2011 - a été le théâtre de nombreuses batailles ces deux dernières années durant lesquelles les insurgés avaient pu s'emparer d'une grande partie de la frontière, à l'exception du passage de Nassib.

Il y a une semaine, les rebelles ont chassé les milices pro-régime des secteurs chiites de Bosra al-Cham, contrôlant la totalité de cette grande ville antique située aussi dans la province de Deraa.

Les rebelles combattant le régime en Syrie sont, comme la population, à majorité sunnite, tandis que le pouvoir est dirigé depuis près d'un demi-siècle par le clan Assad, issu de la communauté alaouite, une branche du chiisme.

Dans le sud de Damas, les jihadistes de l'EI se sont emparés de la majorité du camp Yarmouk, a affirmé le directeur des affaires politiques de l'OLP en Syrie, Anouar Abdel Hadi, en faisant état de la poursuite de combats dans certains secteurs entre jihadistes et groupes palestiniens.

C'est la première fois que l'organisation jihadiste, qui contrôle depuis 2013 de vastes régions du nord syrien, pénètre dans Damas.

Le camp, situé à environ sept km du centre de Damas, ne compte plus que 18 000 habitants contre 160 000 avant la guerre.

Depuis février 2014, il reste des groupes armés palestiniens anti-régime dans le camp assiégé par l'armée. Les habitants souffrent de pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments.

D'après un militant du camp, l'EI a lancé l'assaut après l'arrestation de deux de ses membres dans le camp soupçonnés d'implication dans le meurtre d'un responsable du Hamas palestinien, imputé à l'EI.

Protéger les civils

L'émergence de l'EI dans le conflit syrien a compliqué la donne car si ce groupe ultraradical considère le régime de Damas comme son ennemi, il combat également les autres groupes rebelles, dans sa quête d'hégémonie territoriale.

Dans un communiqué, l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a demandé "fermement à toutes les parties d'assurer la protection des civils à Yarmouk, de mettre fin aux combats, et de revenir à une situation permettant à ses équipes d'aider les habitants".

Enfin, l'armée, aidée du Hezbollah libanais, a conquis des hauteurs dominant Zabadani, ville rebelle à une cinquantaine de km au nord-ouest de Damas et frontalière du Liban.

Selon une source de sécurité, le but est de fermer dans la province de Qalamoun, où se trouve Zabadani, tous les points de passage d'armes et de rebelles avec le Liban.

Le conflit en Syrie, déclenché par la répression par le régime d'un mouvement de contestation populaire, a fait plus de 215 000 morts et poussé à la fuite des millions de Syriens.

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