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01/04/2015 05:00 EDT | Actualisé 01/04/2015 05:01 EDT

Le Plan Nord revivra: l'austérité fait-elle partie du passé?

PC

Radio-Canada a appris que le gouvernement Couillard annoncera la semaine prochaine, en grande pompe à Montréal, les détails de son Plan Nord. Le gouvernement espère générer des investissements de près de 22 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Mais, au-delà des chiffres, il veut surtout envoyer le signal que l'austérité fait maintenant partie du passé.

Un texte de Martine Biron

Quatre ans après la présentation du Plan Nord par le gouvernement de Jean Charest, l'équipe de Philippe Couillard lui redonne vie. Il le présentera comme le plan de la relance économique, rempart à l'austérité.

Les chiffres sont éléphantesques et font rêver. Sur 20 ans, d'ici 2035, le gouvernement prévoit des investissements privés de l'ordre de 50 milliards de dollars. Il s'engagera de son côté à investir au nord du 49e parallèle près de 2,8 milliards de dollars, tant dans les infrastructures que dans l'organisation sociale du nord.

Les retombées fiscales sont évaluées à plus de 2,2 milliards de dollars.

Le premier ministre, accompagné d'une dizaine de ses ministres, donnera le coup d'envoi au premier plan quinquennal. Chaque ministre élaborera son mandat dans plusieurs secteurs comme les ressources naturelles, la santé ou l'environnement.

Un plan moins ambitieux

Dans l'ensemble, le Plan Nord du gouvernement Couillard est beaucoup plus conservateur que ce que laissait miroiter le plan du gouvernement Charest. Il prévoit que les investissements seront moins élevés de 30 milliards de dollars. Le gouvernement diminue aussi sa contribution sur 5 ans des deux tiers. De 1,6 milliard de dollars à 500 millions de dollars.

10 000 emplois

Actuellement 17 projets miniers sont dans les cartons du gouvernement. Il s'agit de six projets de plus que ce qu'avait présenté le gouvernement Charest en 2011. Plusieurs de ces projets sont déjà connus, comme la mine d'apatite Arnaud ou le projet de mine de diamants Stornoway.

Au cours des cinq prochaines années, Québec pense que les minières investiront au Québec quelque 22 milliards de dollars et créeront près de 10 000 emplois pendant la période de construction et autant durant la période l'exploitation.

C'est la société du Plan Nord, qui ouvre officiellement ses portes aujourd'hui, qui pilotera l'ensemble du projet. La présidente du conseil d'administration Elizabeth Blais affirme que le plan Charest a eu une courte vie, alors qu'à peine un an après son annonce en 2011 des élections générales étaient déclenchées.

Mme Blais pense que l'axe social était la faiblesse du plan Charest. C'est pourquoi Québec proposera un pont entre l'entreprise et les communautés. Des projets pilotes, parrainés notamment par la ministre déléguée à la santé publique, Lucie Charlebois, seront mis en place avec deux ou trois entreprises. « Les municipalités vont être impliquées, les conseils de bande, les différents secteurs économiques tant minier que touristique », explique Mme Blais.

Marché à la baisse

Il reste que le marché des métaux est à la baisse. Même si les investisseurs ne se bousculent pas pour venir s'installer au nord, Québec veut envoyer le signal, tant aux entrepreneurs du sud qu'à ceux du nord, afin qu'ils se préparent au retour des beaux jours.

Le gouvernement prévoit d'ailleurs une journée la semaine prochaine, au lendemain de l'annonce du Plan Nord, où le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, présentera plusieurs entrepreneurs disposés à investir maintenant dans le but de se préparer à faire des affaires dans le Nord.

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