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01/04/2015 02:16 EDT | Actualisé 01/04/2015 02:18 EDT

Le CN réduit la vitesse de ses trains de pétrole

Radio-Canada

Le Canadien National appuie sur les freins à la suite d'une série d'accidents ferroviaires. Les trains de pétrole de plus de 20 wagons ne doivent plus dépasser la vitesse de 56 km/h quand ils traversent les régions métropolitaines de recensement (RMR) du Canada. Des municipalités dénoncent depuis des mois des convois de matières dangereuses qui traversent leurs villes jusqu'à 100 km/h.

Un texte de Thomas Gerbet

La catastrophe ferroviaire de Gogama dans le nord de l'Ontario, le 7 mars, a fait réfléchir le CN. La compagnie qui a déjà baissé la limite de vitesse de 64 à 56 km/h [40 à 35 miles à l'heure] entre Sudbury et le Manitoba a décidé d'étendre la mesure à toutes les zones fortement peuplées du pays.

Plusieurs municipalités ont reçu une lettre du CN cette semaine pour les aviser de la nouvelle réglementation. Le directeur des relations communautaires du Canadien National, Pierre-Yves Boisvin confirme l'information et ajoute que « des réductions de vitesses ciblées » ont également été décidées à travers le réseau.

« Ces limitations excèdent les minimums requis, tant au Canada qu'aux États-Unis. »

Pierre-Yves Boisvin, porte-parole du CN

Le Canada compte 33 régions métropolitaines de recensement [RMR] et la plupart sont traversées par un chemin de fer du CN. Il s'agit des territoires d'au moins 100 000 habitants formés d'une ou de plusieurs municipalités voisines les unes des autres qui sont situées autour d'un noyau d'au moins 50 000 habitants.

Au Québec, il y a 6 RMR, soit les régions de Montréal, Québec, Trois-Rivières, Saguenay, Sherbrooke et Gatineau. Les deux dernières ne sont pas traversées par les rails du Canadien National.

pétrole

Par ailleurs, d'autres mesures de sécurité sont prises par le CN, notamment des « inspections poussées » et « l'utilisation de technologie de détection ».

« Je suis extrêmement heureux », a réagi le maire de Vaudreuil-Dorion, Guy Pilon, quand nous lui avons appris la nouvelle. Depuis des années et davantage depuis la tragédie de Lac-Mégantic, il se bat pour que les trains de matières dangereuses qui traversent sa ville à 100 km/h ralentissent. Face à l'impossibilité de faire changer la règlementation, la Ville avait posé des pancartes le long des rails pour s'adresser directement aux conducteurs des convois.

« C'est certain qu'un accident qui se déroule à 50 km/h, ça n'a pas les mêmes conséquences qu'à 100 km/h. »

Guy Pilon, maire de Vaudreuil-Dorion

« Le Canadien National et les autorités, ce qu'ils nous répondaient, c'est que leur façon de voir la vitesse n'avait rien à voir avec le milieu, mais avec la construction de la voie ferrée », explique le maire Pilon. À Vaudreuil-Dorion, le chemin de fer est une ligne droite descendante, ce qui explique la limite précédente à 97 km/h [60 miles/h].

« On n'est plus dans les années 1950 avec des wagons de blé et d'animaux. Certains des convois sont parfois sur 250 wagons avec strictement du pétrole et des produits chimiques »

Guy Pilon, maire de Vaudreuil-Dorion

Selon les chiffres de l'Association des chemins de fer du Canada, le nombre de wagons-citernes en circulation est passé de 500, en 2009, à 140 000, en 2013 [près de 300 fois plus]. Pour consulter la carte du réseau du CN, cliquez-ici.

Des trains de plus en plus longs

Les trains de pétrole et de marchandises qui circulent au Canada sont de plus en plus longs et de plus en plus lourds. En fait, leur taille et leur poids moyens sont trois fois plus élevés qu'au début des années 1990. Il n'est pas rare de voir circuler des convois de plus de trois kilomètres, pesant jusqu'à 18 000 tonnes. Les compagnies réduisent ainsi leurs coûts, sans augmenter le personnel à bord. Actuellement, il n'existe aucune limitation réglementaire à cette croissance.

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