POLITIQUE
01/04/2015 02:04 EDT | Actualisé 02/04/2015 02:06 EDT

Affaire Badawi: les pressions de l'Arabie saoudite n'ébranlent pas Québec (VIDÉO)

Le gouvernement du Québec continuera de soutenir Raïf Badawi et sa famille. Et ce, en dépit du fait que l'Arabie saoudite, où est emprisonné M. Badawi, ait témoigné de son agacement vis-à-vis de la mobilisation en cours dans la province et au pays, mobilisation destinée à faire libérer le blogueur saoudien.

Kathleen Weil, ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec et députée de Notre-Dame-de-Grâce, a réagi sans émoi à la lettre révélée par CBC/Radio-Canada et dans laquelle l'Arabie saoudite, par la voix de son ambassadeur au Canada, réprouve ce qu'elle qualifie « d'attaques » contre son royaume et contre son système judiciaire.

Riyad se dit surprise et consternée face à « ce qui est dit dans certains médias sur le cas du citoyen Raïf Mohamed Badawi et le jugement prononcé contre lui ».

Kathleen Weil se refuse à interpréter le contenu de la lettre qui a été envoyée à Jacques Chagnon, président de l'Assemblée nationale du Québec, de même qu'au ministère des Affaires étrangères à Ottawa. Mais, du même souffle, la ministre de l'Immigration dit que, pour toute réaction, Québec est déterminé à poursuivre la défense de M. Badawi et la défense des droits humains, partout dans le monde. « Évidemment c'est un cas flagrant où ces droits fondamentaux ont été brimés », d'affirmer Mme Weil au sujet de Raïf Badawi.

« On réitère notre appui à Raïf Badawi. On veut sa libération. L'important est de poursuivre la mobilisation. [...] On veut faire notre part pour appuyer M. Badawi et son épouse et ses enfants. Et la motion unanime qu'on a adoptée, il y a lieu de répéter qu'on a parlé d'une seule voix. C'est un geste important que tous les élus ici au Québec ont exprimé. » — Kathleen Weil, ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec

Kathleen Weil affirme que Québec va continuer à travailler en collaboration avec le gouvernement fédéral dans ce dossier. Une rencontre est d'ailleurs prévue sous peu, à ce sujet, avec le ministre canadien des Affaires étrangères, Rob Nicholson.

Le premier ministre Philippe Couillard a quant à lui réagi succinctement à cette affaire : « On a fait état de notre opinion, c'est normal qu'on l'aie fait », a-t-il dit.

La clémence pour Raïf Badawi

John Babcock, le conseiller en communication du ministre Nicholson, a fait savoir qu'Ottawa ne commenterait pas le contenu de la lettre du fait qu'il s'agit « de correspondance diplomatique ». Cependant, à l'instar du gouvernement du Québec, le gouvernement du Canada a l'intention de continuer à réclamer la clémence pour M. Badawi.

« La promotion et la protection des droits de la personne font partie intégrante de la politique étrangère du Canada. Bien que M. Badawi ne soit pas citoyen canadien, nous allons continuer à faire part de notre position, tant publiquement que par les voies diplomatiques. » — John Babcock, conseiller en communication du ministre Rob Nicholson

Au ministère des Affaires étrangères, on dit être intervenu auprès de l'ambassadeur saoudien à Ottawa. De plus, l'ambassadeur canadien à Riyad a rencontré, de son côté, le président de la Commission des droits de la personne. Le personnel de l'ambassade a par la suite rencontré le ministre saoudien des Affaires étrangères et des membres de la Société nationale des droits de la personne à la mi-février, afin de faire part de leurs préoccupations relativement au sort que réserve l'Arabie saoudite à Raïf Badawi.

L'interprétation d'Amnistie internationale

Du côté d'Amnistie Internationale, Mireille Elchacar affirme que le fait que l'Arabie saoudite sente le besoin de répondre est éloquent : « Ça veut dire qu'ils sont peut-être un peu affectés par cette campagne-là », dit-elle.

Pour voir le bulletin complet ou pour d’autres vidéos de l’émission Ça commence bien!, rendez-vous sur le site de V Télé.

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