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31/03/2015 09:52 EDT | Actualisé 31/03/2015 09:52 EDT

Un toit rétractable irréalisable pour le stade olympique de Montréal

Olympic Stadium, Montreal, 1976. Exterior, Architects: Roger Taillibert. (Photo by Arcaid/UIG via Getty Images)
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Olympic Stadium, Montreal, 1976. Exterior, Architects: Roger Taillibert. (Photo by Arcaid/UIG via Getty Images)

Le rêve de l'architecte Roger Taillibert de finalement doter le Stade olympique de Montréal d'un toit rétractable semble de moins en moins près de se réaliser.

Un texte de Davide Gentile

Des sources indiquent que le projet serait simplement «trop cher». Le dernier dossier présenté aux gestionnaires de la Régie des installations olympiques (RIO) écarte carrément l'idée d'un toit rétractable. «L'option de rétractabilité a été étudiée, mais éventuellement écartée», peut-on lire dans le dossier d'affaires initiales présenté en 2012.

L'option favorisée est celle «d'un nouveau toit souple». Un toit rétractable coûterait 60 à 100 millions de dollars de plus qu'un toit fixe.

Le PDG du Parc olympique (autre nom de la RIO), Michel Labrecque, refuse de commenter le «dossier d'affaires initiales». Il maintient que depuis, un scénario de toit rétractable a été précisé. La RIO présenterait donc quatre options, dont deux scénarios «de rétractabilité».

Un scénario de toit fixe rigide, un de toit rigide amovible et un autre de toit souple fixe seraient aussi présentés. Michel Labrecque précise que le seul mandat de la RIO est de présenter les différentes options «avec les niveaux de risque et les coûts inhérents».

Le scénario dit « d'hivernisation » a été bonifié depuis quelques mois. C'est la solution de dernier recours : enlever le toit et préparer la structure du stade à subir les intempéries du climat québécois. Le démantèlement du toit semble plus probable que le scénario d'un toit rétractable. Le dossier d'affaires initiales précise que les entreprises perçoivent le toit rétractable vertical comme un projet «expérimental». Rares sont celles qui possèdent la volonté de se lancer dans pareille aventure.

Québec n'écarte pas la possibilité d'enlever le toit

Alors que la RIO cherche à obtenir un nouveau toit, la ministre semble ouverte à l'idée de le démanteler, sans le remplacer.

La ministre du Tourisme, Dominique Viens, affirme chercher une « vocation » pour le stade. « Et je cherche bien entendu un nouveau toit, ou pas de toit du tout! » Mme Viens estime qu'il faut savoir ce qu'on veut faire « à l'intérieur ». Malgré les dernières données qui indiquent que l'ensemble de la structure est en piteux état, la ministre rappelle que le stade reste sécuritaire. « Ça grouille et ça grenouille au stade », indique-t-elle.

Un plan de relations publiques pour vendre un nouveau toit

Consciente des défis que présente toute initiative sur cette infrastructure, la RIO a préparé un plan de communication pour contrer le scepticisme ambiant. «L'annonce du remplacement du toit générera inévitablement des critiques», constate-t-on dans ce rapport.

Dans une analyse des « enjeux sociopolitiques », on indique quels groupes sont les plus susceptibles d'appuyer ou de rejeter le projet. On peut lire que les citoyens risquent d'êtres «neutres» en raison d'un «total désintérêt pour l'est» de Montréal.

On prédit que les Québécois diront «que les fonds pourraient être investis ailleurs» et que les politiciens seront sensibles à cette perception.

On s'inquiète même de l'influence de la firme Léger Marketing qui pourrait «faire basculer l'opinion contre le projet». Les auteurs ont même pris le temps de préciser que Roger Taillibert, le père du stade, « demeure un facteur perturbateur ».

Pas de catastrophe en vue, prévient la RIO

Même si la toile du stade est à la fin de sa vie utile, elle demeure sécuritaire. En fait, la RIO a identifié des lignes de fragilité et perfectionné ses méthodes de réparation. Rien ne permet d'estimer avec précision combien d'années la toile actuelle peut résister. La tenue d'événements hivernaux a lieu même s'ils peuvent êtres annulés à tout moment s'il y a plus de trois centimètres de neige sur le toit.

L'installation d'un toit fixe n'aurait pas une grande incidence sur la capacité d'accueil du stade. «D'un point de vue international, il y a trois grands événements internationaux qui nécessitent un stade ouvert», précise Michel Labrecque.

On pense entre autres aux Jeux olympiques. Il estime que le milieu montréalais cherche simplement à obtenir «un nouveau toit» sans qu'il existe de préférence précise.

La RIO soumettra ses scénarios finaux au gouvernement d'ici l'été. Des sources indiquent que l'appétit du gouvernement pour un investissement majeur dans le stade est limité, compte tenu de l'ampleur des compressions à faire, par exemple, dans le réseau de l'éducation.

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