NOUVELLES
31/03/2015 10:03 EDT | Actualisé 01/04/2015 07:14 EDT

Daniel Blier, le DG de la Société du parc Jean-Drapeau, quitte son poste

Radio-Canada

Écorché par un rapport de l'inspecteur général de la Ville de Montréal et par le maire Denis Coderre pour avoir ignoré et mal appliqué des règles d'octroi de contrats, Daniel Blier a informé mardi la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) qu'il quittait son poste de directeur général.

Un directeur de la Société assurera l'intérim et devrait entrer en fonction au cours des prochains jours.

Daniel Blier était en poste depuis 2012.

Rappel des faits

Rappelons que l'inspecteur général de la Ville de Montréal, Denis Gallant, avait affirmé dans un rapport accablant, publié le 23 mars, que la Société du parc Jean-Drapeau avait ignoré et mal appliqué des règles d'octroi de contrats en 2013-2014.

Dans le cadre de la revalorisation du parc Jean-Drapeau en vue du 50e anniversaire de l'exposition universelle Terre des hommes et du 375e anniversaire de Montréal, qui auront lieu en 2017, quatre contrats ont été octroyés de gré à gré à l'organisme Quartier international de Montréal.

« Ces contrats ont tous été octroyés à l'encontre des règles de la loi », a tranché Denis Gallant, qui les aurait résiliés « sans aucune hésitation » s'il en avait le pouvoir, tellement les irrégularités constatées sont graves. Le rapport souligne notamment l'absence d'estimations, obligatoires pour des contrats de 100 000 $ et plus.

Les services de Quartier international Montréal ont été retenus pour gérer des projets d'envergure de mise en valeur de certains secteurs du parc, dont le parterre de l'île Sainte-Hélène et la place des Nations. Des travaux estimés à 55 millions de dollars.

L'inspecteur général a d'ailleurs recommandé à la Société du parc Jean-Drapeau d'annuler ces quatre contrats immédiatement.

Le rapport démontre aussi que certains contrats, octroyés par Quartier international de Montréal au nom de la Société du parc Jean-Drapeau, ont aussi été entachés d'irrégularités majeures.

Les exigences mises de l'avant par Quartier international de Montréal ont notamment mis à mal la liberté de concurrence, l'égalité des chances et l'obtention du meilleur produit au meilleur prix, indique le rapport.

En tout, 14 contrats sont montrés du doigt dans le rapport pour des accrocs aux règlements.

Ces irrégularités majeures entachent même la validité de ces contrats déjà exécutés ou en cours d'exécution. Un tribunal pourrait les déclarer nuls, souligne le rapport.

Coderre n'a plus confiance

Le maire Denis Coderre a mal digéré ce rapport. « Il n'a plus d'affaire là », avait-il lancé à propos de Daniel Blier.

Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Luc Ferrandez, de Projet Montréal, a quant à lui demandé à l'administration Coderre d'abolir la Société du parc Jean-Drapeau et de la remplacer par une structure plus adéquate. Il refuse de croire que le directeur général soit le seul responsable de ce gâchis.

Blier s'explique

M. Blier a tout d'abord affirmé que sa société était « intègre et transparente » avant de la défendre devant la commission sur l'inspecteur général, jeudi dernier.

Après son témoignage à huis clos devant la commission, il s'est refusé à fournir plus d'explications. « Nous avons répondu à la commission alors on va s'en tenir au travail qu'ils vont faire dans les prochaines semaines, avait-il déclaré. On va réagir une fois que le rapport, avec les recommandations, sera déposé ».

M. Blier disait avoir apporté à l'attention de la commission toutes les nuances nécessaires pour que le rapport de l'inspecteur général soit bien compris.

Le DG de la Société du parc Jean-Drapeau réservait toutefois un nouveau coup de théâtre au monde municiipal. En fin de soirée hier, M. Blier a annoncé sa démission peu avant 22 h, quelques minutes avant les grands rendez-vous d'information.

Le maire Coderre et la Société du parc Jean-Drapeau devront maintenant déterminer de la suite à donner aux contrats problématiques.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

La commission Charbonneau en bref